La sixième édition des Nuits de l’Étrange se tiendra à La Filature mais aussi dans de nombreux autres lieux. Une “question de l’étrangeté” que le directeur de la scène nationale, Benoît André, soulève depuis quelques années et qui prendra une fois encore de nombreuses formes en 2026.
D’emblée lors de la présentation de l’événement, le directeur a évoqué les partenariats avec de nombreuses structures, au nombre de quatorze cette année. “C’est rare d’avoir autant de partenaires qui se mettent d’accord pour un projet commun”, a souligné Benoît André. Quant à la question de l’étrangeté, les artistes s’en emparent souvent, comme on le verra avec Joël Pommerat qui envisage l’amitié entre deux jeunes filles sous l’angle du conte fantastique. Co-accueillie en partenariat avec le Théâtre La Coupole de Saint-Louis, Les petites filles modernes (titre provisoire) porte “sur la jeunesse et sur les tensions, les monstres, les questionnements que peuvent traverser les adolescents.” L’une des deux adolescentes subit en effet un harcèlement au collège. “En ce qui concerne la Filature, les deux propositions que nous offrons cette année sont vraiment en connexion directe avec l’évolution de la société autour de nous”, explique encore Benoît André.
Quant à Nocturnes (Parade) de Phia Ménard, il s’agira d’une forme adaptée pour les familles où la circassienne poursuit son exploration du souffle pour déplacer les objets au plateau. Un “hommage à un être aimé disparu”, comme elle le confie. Un envol symbolisé par le vent qui emporte marionnettes de plastique et autres objets, comme pour retrouver une certaine légèreté.
Il s’agira de la troisième édition des Nuits de l’Étrange dans un format élargi, proposant un véritable parcours, qui a d’ailleurs permis d’augmenter d’un tiers la fréquentation depuis trois ans. Parmi les nouveaux partenaires, le cimetière de Mulhouse et le Musée de la Mine et de la Potasse à Wittelsheim. “Le musée c’est d’abord la salle des pendus, ancien vestiaire des mineurs de fond, une sorte de cathédrale impressionnante qui a toujours un effet « Whaou » quand les visiteurs y pénètrent !”, explique Loïc Demesy, responsable du musée. “Une salle qui revêt une dimension encore particulière à la nuit tombée où on a l’impression de voir ces vêtements de mineurs léviter.” Une visite guidée le 30 octobre sera suivie de la projection d’un film de Mathieu Turi, Gueules noires, l’histoire d’ouvriers pris au piège dans une mine du Nord de la France.
Joël Eisenegger, président de l’association Mémoire Mulhousienne, envisage ces Nuits comme une belle occasion de découvrir le Cimetière Central de Mulhouse, “à travers les personnages qui reposent, tous des grandes figures mulhousiennes.” Un rendez-vous d’autant plus spécial qu’on ne peut découvrir le cimetière ouvert de nuit, éclairé, qu’au moment des Nuits de l’Étrange ! La cie TADAM nous contera des histoires insolites autour de Mulhouse lors de deux parcours (l’un à 18h30, l’autre à 19h30). “Des histoires inventées que le lieu leur a inspirées.”
La palette de partenariats noués est large, du Noumatrouff au Ballet de l’Opéra national du Rhin, en passant par le Musée des Beaux-Arts. Soléa, service de transports de Mulhouse et Agglomération, fera voyager le public entre les différents lieux du Jeu de piste Chasseur de fantômes (tarification spéciale avec un ticket à 0,45 centimes pour la journée). Vingt-trois propositions vont émailler ce temps fort automnal, dont certaines démarreront plus tôt pour permettre au public de tout voir, à l’image d’ateliers pour découvrir le « Slasher », sous-genre du cinéma d’horreur à l’Université Populaire du Rhin, du 24 septembre au 29 octobre à 17h.
– Dominique Demangeot –
Les Nuits de l’Étrange, Mulhouse (et au-delà…), divers lieux, 30 et 31 octobre
lafilature.org

