Le 24 octobre, La Rodia organise une soirée conviant les Nantais de Cachemire, que vous avez peut-être découverts en festivals et notamment à La Guerre du Son en 2025. Pour les accompagner, un fleuron du rock local, Fallen Lillies. Les nouveaux albums des deux formations sont sortis à l’automne dernier.
Cachemire
Pour sa grande soirée rock, La Rodia a choisi des valeurs sûres. Cachemire tout d’abord, qui écument les scènes depuis une bonne dizaine d’années, et défendent leur nouvel opus, Suffit juste d’une seconde. Disque qui renouvelle le répertoire avec une production rutilante, un formidable Reset, pour reprendre le titre d’un des morceaux (“ne pas attendre le pire qui viendrait nous détruire”). Treize chansons portées par les cordes vocales en titane de Fred Bastar, qui nous rappellerait presque un autre Freddie. Un rock Pied au plancher pour citer encore un titre de ce sémillant album à découvrir à La Rodia en octobre, même si le morceau sonne plutôt pop, tout comme Mouscash. Le groupe refuse de faire du surplace même si parfois il rêve d’accomplir un grand bond dans le passé (À l’ancienne). À d’autres moments, il nous projette dans un flippant futur (2080), où Fred s’imagine grand-père pour revenir sur des années 2020 douteuses (misère sociale, enjeux climatiques…). Cachemire assume d’ailleurs ses messages dans des textes en français qui soulèvent parfois quelques thématiques contemporaines tel Adam au sujet du genre, ou encore Ces voix à propos de la santé mentale (avec une petite citation musicale comme une allusion à… Kashmir des Led Zep justement). Des couplets et des refrains à reprendre en chœur (Suis-moi baby !, Chanson pour sépultures qui clôt l’album de manière musclée), des guitares en avant toutes (le groupe recevant le renfort d’un cinquième membre en la personne de la musicienne Alice Animal).
Fallen Lillies
Voilà également plus de dix ans que le quatuor gravite autour de la planète (heavy) rock. Ces dames sont même allées tourner en Angleterre il y a quelques années mais c’est dans le Pays de Montbéliard qu’elles ont fait mûrir leur musique. Un peu à cran les filles ? “Dans le sang des mots, les colères sont nées”, clament-elles Haut et fort dans le titre éponyme. En 2021 avec leur premier album, les Fallen Lillies déclaraient qu’elles n’avaient pas de maître (No Master For Lilly), et bien le quatuor semble être reparti dans la même veine avec Cran, nouvel album sorti l’an dernier, à ce détail près (qui n’en est pas un), qu’Hélène déclame aujourd’hui ses paroles… en français ! Et ça change pas mal de choses finalement parce que s’exprimer dans la langue de Vianney, c’est assumer encore davantage le sens de ce qu’on chante ! Ce nouvel opus marque donc sans nul doute une étape importante dans la carrière des quatre filles. Musicalement on reste dans le style des Fallen Lillies se baladant habilement entre différentes déclinaisons du rock (du garage au heavy rock pour la faire courte), sans sacrifier au côté mélodique. Le point final du disque se situe même dans des couleurs plus punk rock avec le réjouissant (et fédérateur) À la vôtre. On savait les quatre nanas capables d’envoyer la poudre et c’est toujours le cas ici, mais la forme se met aussi au service du fond comme sur Basic Body Shaming, qui suggère que courir après un “idéal irréel” n’est peut-être pas la solution rêvée. Le rock comme un échappatoire pour chasser “les pensées qui m’oppressent”, “un manège de l’âme” qu’elles font valser sur trois temps dans Plaisirs amers. Un album de combat(s).
– Jean-Bernard –
Cachemire + Fallen Lillies, Besançon, La Rodia, 24 octobre à 20h30
larodia.com


