ROMAN
Stock
Parution le 19 août 2026
Guillaume de Tonquédec revient sur l’expérience de la maladie qui a frappé sa mère il y a près de quarante ans. Un diagnostic de sclérose en plaques qui allait bouleverser la vie de ses parents et la sienne.
Le récit alterne entre souvenirs d’enfance et d’adolescence, les voyages en Bretagne l’été dans la voiture familiale et un diagnostic qui sonne comme un glas, malgré la vie qui continue pourtant. Une histoire d’amour également entre ses parents que l’auteur prend soin de nous conter. Un coup de foudre entre son père, Patrick, originaire du Jura et sa mère Marie-Christine, bretonne, “affaire de vingt minutes” sans laquelle Guillaume n’aurait pas existé. Ta mère et moi est aussi un roman initiatique qui nous entretient d’une époque différente pour les hommes en particulier, “où la bienséance commande de ne pas parler de ses émotions”. L’auteur lui, ne fait plus l’impasse sur ses sentiments, et l’on sent un fossé assez marqué avec un père plus réservé, élevé chez les Jésuites et qui perdait sa propre mère à huit ans.
Le livre s’inscrit par ailleurs dans une époque où les questions autour de la fin de vie et des aidants sont au cœur de l’actualité. Le père de Guillaume est devenu aidant à 45 ans, il en a aujourd’hui 85 et continue à s’occuper de son épouse, malgré la maladie d’Alzheimer qui l’a frappé dernièrement. Nombreux seront les lecteurs à se reconnaître dans cette expérience du handicap, qu’il soit dû à l’âge ou à la maladie, dans les craintes, les questions qui l’accompagnent, et quand une autre temporalité se fait jour au sein du couple : “Chaque geste étant une épreuve”. L’auteur évoque également, sans rien éluder, le corps laissé en ruines par la maladie, les soins quotidiens, la culpabilité également d’être loin de sa mère : “Je fuis sa maladie. Je me cache. Je me suis construit un monde parallèle.” L’épreuve de la maladie pouvant s’apparenter aussi à une prison pour les proches : “Je suis à nouveau sous emprise”, confie Guillaume de Tonquédec, mais depuis le comédien a fait du chemin. Lui qui ne voulait pas penser à la maladie au départ, s’implique aujourd’hui pour promouvoir les actions de l’Institut du Cerveau.
– Marc Vincent –
