La 33e édition des Symphonies d’Automne se tiendra du 3 au 15 novembre prochains dans plusieurs lieux de la ville de Mâcon. Diversions s’est entretenu avec David Hurpeau, directeur artistique nommé en 2022, qui nous a parlé de l’évolution du festival et de cette nouvelle programmation 2026.
On imagine qu’après toutes ces années, le festival tel qu’on le connaît aujourd’hui a dû évoluer. Comportait-il déjà, à ses débuts, un concours et une programmation de concerts ?
Initialement c’était un concours. La première édition, c’était même un concours d’orchestre dans lequel il y avait une œuvre avec voix. Et puis très vite cela s’est centré sur la voix, avec toujours un seul concours au début, et le festival s’est progressivement déployé. L’une de mes volontés était de développer ce festival, depuis quatre ans. On est passés d’environ 2000 à 4000 spectateurs.
Vous évoquez trois axes forts sur ces Symphonies d’Automne…
On a pu étoffer la proposition avec un projet artistique qui s’appuie sur trois axes fondamentaux : le premier c’est l’ouverture à toutes les esthétiques. On travaille avec de nombreux partenaires. Le deuxième axe c’est l’idée de pouvoir s’adresser à tout le monde et tous les âges, et c’est la raison pour laquelle on a une programmation avec des spectacles jeune public, des actions dans les collèges, avec les lycéens, les chorales, le monde amateur… Pouvoir créer un moment fort, fédérateur autour de la voix, créer une forme de croisement et regrouper de nombreuses structures autour du chant.
Le troisième axe est la relation internationale, on met en avant chaque année un pays. Cette année c’est l’Australie, notamment à travers la soirée cinéma (en ouverture le 3 novembre, NDLR), qui est prévue au Pathé Mâcon avec la projection du film Les Saphirs, et la venue d’une guitariste, Ingrid Riollot, qui est franco-australienne (le 8 novembre). Elle est née à Mâcon, a grandi à Charolles, et aujourd’hui elle vit à Esperance en Australie. L’Australie est une terre qui évoque aussi l’opéra avec l’un des plus beaux opéras du monde, l’Opéra de Sidney.
Le programme concerné ici est Les Souffles d’Eole, que vous allez retrouver après une première l’été dernier…
Il y a une partie du programme qu’on a déjà donnée en effet à Cluny cet été, et nous avons enregistré dans le cadre de nos répétitions pour ce concert. Nous allons sortir en novembre le disque du programme avec pour la première fois l’enregistrement de créations, notamment celle de Marián Budos qui est un concerto pour guitare et orchestre composé spécialement pour Mâcon Symphonies et Ingrid Riollot.
On pourra entendre dans ce programme l’ensemble Sinfonia Lumina que vous dirigez. C’est une formation différente de l’Orchestre Symphonique de Mâcon ?
Oui l’Orchestre Symphonique de Mâcon est un orchestre municipal géré en régie par la Ville de Mâcon, et Sinfonia Lumina c’est vraiment l’entité qui est portée par Mâcon Symphonies pour ses projets artistiques.
Pour illustrer la diversité de cette programmation, on peut citer en particulier la chanteuse Zélie que l’on découvrira à La Cave à Musique le samedi 7 novembre.
L’un des objectifs de l’association Mâcon Symphonies est de soutenir les jeunes talents. Zélie c’est une jeune artiste qui est en effet en train de percer. En plus elle est issue des milieux des conservatoires et de la musique classique puisqu’elle faisait de la danse. Aujourd’hui elle s’oriente vers une autre esthétique. Je trouve ça intéressant, c’est un parcours qui illustre la potentialité des élèves une fois qu’ils sont passés par le conservatoire. On a une belle relation avec La Cave à Musique, on fait de la co-programmation.
Le festival fait également la place aux amateurs avec les Polyphonies d’Automne. Est-ce un événement qui existait déjà et que vous avez inclus dans la programmation ?
On a fait évoluer le format et le cadre des Polyphonies d’Automne pour qu’il soit un temps fort des pratiques vocales au sein du festival, en connexion avec la finale. C’est un beau moment, qui est fédérateur, ça c’est le volet pratiques amateures. Et sur la partie conservatoire, il y a des échanges avec les élèves, notamment à travers une masterclasse de chant lyrique organisée au conservatoire.
Vous allez aussi vers les musiques anciennes cette année…
Un concert sera accueilli au conservatoire, avec un ensemble qui s’appelle La Camera delle Lacrime, avec lequel il y aura aussi des actions avec les scolaires. On sera sur une belle proposition artistique autour de la musique médiévale, une esthétique qu’on a peu programmée jusqu’à présent.
Comment se déroule le concours lors du festival ?
Les chanteurs avaient jusqu’au 10 septembre minuit pour nous transmettre leurs candidatures. Sur le concours on a environ 140 candidats et on va en sélectionner 60 sur vidéos et dossiers avec notre jury. Les 60 candidats lauréats vont pouvoir venir à Mâcon pour la pré-sélection qui aura lieu le 10 novembre. Il y aura les quarts de finale publics le 10 novembre, les demi-finales le 11. Six candidats seront en finale avec l’orchestre le 15 novembre.
Il y aura aussi sur scène le Chœur Opéra Mâcon Symphonies. Quelques mots sur cet ensemble ?
Il a été créé il y a maintenant trois ans quand on a fait la première production d’opéra du festival qui était Aïda. C’est un chœur qui est porté conjointement par le Conservatoire Edgar Varèse et par l’association Mâcon Symphonies. Le chef de chœur est un enseignant du conservatoire et les choristes sont à la fois adhérents à l’association et élèves au conservatoire. Le chœur se produit dans différentes manifestations.
Propos recueillis par Dominique Demangeot
33e Symphonies d’Automne, Mâcon, divers lieux, du 3 au 15 novembre
Programme complet




