Salins-les-Bains – 1825, l’incendie de Salins à la Grande Saline

Depuis l’été dernier, une exposition relate un incendie qui eut lieu à Salins-les-Bains le 27 juillet 1825, un événement que l’on a oublié aujourd’hui mais qui a eu un retentissement important à l’époque, jusqu’au niveau national.

L’incendie dura deux jours, occasionnant des dégâts considérables sur un tiers de la ville, laissant 726 familles sans-abris, et plus de 400 maisons détruites. L’exposition évoque également l’après: déblaiements, reconstructions… Suite à cet incendie, la ville de Salins-les-Bains ne serait plus jamais la même, son aspect ayant fortement changé. Sa physionomie médiévale a laissé la place à un paysage urbain plus moderne. Le fait que les maisons aient été construites très proches les unes des autres a contribué à cet embrasement spectaculaire de juillet 1825. La forte présence du bois sur les tavaillons, les balcons et les colombages, a également aidé à propager le feu. La bise qui soufflait très fort ce jour-là a achevé de faire de cet incendie, qui a probablement commencé dans une cheminée, l’une des catastrophes les plus importantes du XIX siècle en France.

“Les braises sont montées sur les toits et se sont déposées sur les toits voisins”, explique Anne Ackermann, directrice de la Grande Saline. Tout le quartier où a démarré l’incendie s’est enflammé en quelques heures, puis le feu s’est ensuite dirigé vers le sud, vers la Porte Oudin, traversant presque la moitié de la ville. “Il a même traversé la rivière, la Furieuse, pour atteindre la ville de Bracon où plusieurs maisons ont également été incendiées.” Même si les soldats du feu sont arrivés rapidement sur les lieux, leurs moyens à l’époque n’étaient pas ceux d’aujourd’hui, et leurs pompes à bras (contenant jusqu’à 400 litres d’eau maximum), n’étaient pas assez puissantes pour éteindre un feu de cette intensité. Les chaînes humaines formées par les habitants, que l’on peut observer en particulier sur un tableau dans l’exposition, n’ont pas non plus été suffisantes pour étouffer l’incendie.

Très vite cependant, un élan de générosité va se faire jour en France et même ailleurs dans le monde. “Beaucoup de personnes vont se mobiliser, faire des dons, à l’image de la famille royale.” Des dons en nature seront également faits pour apporter à la population salinoise nourriture, vêtements et autres produits de première nécessité. L’exposition, qui se tient jusqu’en novembre 2026, revient sur les conditions de survenue de l’incendie, mais elle est aussi l’occasion de présenter le travail des pompiers au XIXe siècle. On peut découvrir plusieurs objets provenant des collections municipales ou de prêts de particuliers, mais aussi des documents divers, dont un tableau prêté par le Musée des Beaux-Arts de Dole. Citons aussi des prêts du Musée des sapeurs pompiers de Saint-Aubin, dont une pompe à bras. Les conséquences de la catastrophe sont aussi abordées, tout comme l’aide aux victimes et la reconstruction de la ville. “On va construire des maisons qui seront en matériaux non inflammables, en pierre par exemple”, souligne Anne Ackermann. “On va agrandir aussi les rues, donc c’est à partir de cette date que Salins va obtenir la physionomie qu’on connait aujourd’hui.”

– Propos recueillis par Caroline Vo Minh –

1825, l’incendie de Salins, Salins-les-Bains, Grande Saline, jusqu’au 2 novembre 2026
grande-saline.com

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