Rachida Brakni – La part absente

ROMAN

Stock

Parution le 19 août 2026

Karina Leroy est une jeune femme apparemment comblée. Galeriste parisienne, elle est mariée à Vincent qui travaille dans une agence de communication et a une fille, Elena. Dans son entourage cependant, personne ne sait que Karina a coupé les ponts avec sa famille et que ses parents sont originaires d’Algérie.

Rachida Brakni - La part absente - Stock - Chronique dans le magazine DiversionsUne rencontre fortuite dans une galerie d’art fait cependant remonter chez Karina cette part absente qu’elle pensait avoir abandonnée pour toujours derrière elle. Après Kaddour en 2024, autofiction où Rachida Brakni évoquait l’héritage algérien de son père disparu en août 2020, il est encore question de racines dans La part absente, de celles que l’on a décidé de couper à grands coups de serpe, avec la certitude qu’elles ne repousseront pas. La part absente parle donc à nouveau de transmission, mais de ces héritages qui encombrent, ce “poids de l’identité” qui selon Karina/Karima, l’empêche d’avancer. On suit la galeriste dans ce périple intime, tandis que la narration alterne avec des épisodes de la vie de Zohra, la mère de Karina.

Dans ce court roman, concentré d’émotions, les histoires personnelles et la Grande histoire se percutent. Rachida Brakni aborde aussi les relations entre France et Algérie, le conflit des années 1960 auquel a pris également part le beau-père de Karina, “une histoire complexe et passionnée”, comme le souligne ce dernier. Mais la loi du sang est la plus forte, et Karina/Karima n’a d’autre choix que de partir à la recherche de “cette autre moi-même”, en remontant les traces de sa mère arrivée en France à 30 ans. Des questions d’une actualité brûlante telles que l’intégration ou l’assimilation, mais aussi celle des transfuges de classe. Il est plus simple, cependant, de dynamiter un pont, et surtout plus rapide, que de le reconstruire. La part absente est le récit d’une grande remise en question (“Autour de moi, tout m’apparaît contrefait et artificiel”, constate la jeune femme). La nécessité de toucher le fond, pour trouver l’impulsion qui permettra de remonter à la surface.

– Paul Sobrin –

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