On peut encore découvrir le deuxième volet de l’exposition Mais quelle histoire ! Après l’état des fouilles archéologiques sur la préhistoire et la protohistoire dans la région d’Arbois (2021), cette seconde exposition se penche à présent sur l’Antiquité et la période gallo-romaine.
On observera divers objets de culte, matériaux et outils de construction, statuettes en bronze mais aussi de la vaisselle trouvée dans les sépultures de la nécropole de Poligny. Quant à l’association Anima Briques, elle a construit un temple gallo-romain, appelé fanum. Le public va effectuer un voyage de 2 000 ans en arrière grâce à cette exposition proposée en partenariat avec le Musée d’Archéologie de Lons-le-Saunier et l’INRAP Bourgogne–Franche-Comté. Les premières recherches de terrain débutèrent au XIXe siècle sur les secteurs de Grozon, Buvilly et Pupillin. En 2019, Arbois, Buvilly, Grozon, Mesnay, Poligny, Pupillin, Tourmont et Villette-lès-Arbois ont ainsi été placées en “zone de présomption d’archéologie préventive”, devenant des terrains d’étude privilégiés pour les archéologues.
L’exposition débute par la période d’avant la Gaule romaine, durant le second âge du Fer lorsque le territoire était peuplé par les celtes (nommés “Galli” par les Romains). Si Jules César les comparait à des barbares, les celtes avaient pourtant fondé une civilisation très organisée, maîtrisant agriculture et arts du bronze et du fer. Ils faisaient d’ailleurs du commerce avec Rome et possédaient leur propre monnaie. En 52 avant J.-C, un autre J-C (Jules César), conquiert la Gaule qui devient province romaine et adopte “de nouvelles formes d’organisation et de modes de vie”, peut-on lire dans l’exposition. Une vidéo retrace d’ailleurs les ponts jetés entre les civilisations gauloise et romaine. Cette dernière a beaucoup apporté au monde gaulois, notamment dans le domaine de la construction, thermes, systèmes de chauffage… Langue, écriture, religion ou encore alimentation seront aussi influencées, dans les villes comme dans les campagnes. Une époque où les villes et les paysages vont être transformés avec notamment le développement du réseau routier. Une nouvelle organisation administrative apparaît, tout comme le terme de “civitates” (cités) sur le modèle romain. Arbois au temps des Romains explore ces thématiques, de l’administration à l’urbanisme, la ruralité, l’habitat. Un focus est opéré sur l’agglomération de Grozon, “l’un des patrimoines archéologiques les plus denses de Franche-Comté”, apprend-on dans cette exposition très documentée.
– Marc Vincent –
Mais quelle histoire ! Saison 2 – Arbois au temps des Romains, Arbois, Musée d’art, Hôtel Sarret de Grozon, jusqu’au 27 septembre
arbois.fr
Reportage du journal Diversions
