Jusqu’en janvier 2028, on peut admirer une collection d’oiseaux au Muséum d’histoire naturelle d’Autun. De drôles d’oiseaux naturalisés, passés au peigne fin (au sens propre comme au sens figuré !) pour sensibiliser notamment sur certaines espèces en voie de disparition.
À l’origine de cette exposition, le travail sur une collection d’oiseaux exotiques conservée dans les réserves, qui a consisté à dépoussiérer et désinsectiser ces bêtes à plumes afin qu’elles retrouvent tout leur éclat. Il faut dire que les oiseaux concernés ont allègrement dépassé le centenaire, la collection datant du XIXe siècle. Ont suivi un inventaire, la création de fiches numériques et des séances photo afin de documenter cette belle collection que découvrait Aude Médina à son arrivée au muséum. La nouvelle directrice a vu là une occasion rêvée de présenter au public le travail dans les réserves. Une section de l’exposition est d’ailleurs consacrée aux différentes étapes de ce chantier. Drôles d’oiseaux ! évoque des espèces provenant d’Amérique du Sud, mais aussi d’Indonésie, Afrique, Amérique du Nord…
Les autres sections abordent les origines de la collection, les donateurs, mais aussi la manière de s’y retrouver parmi toutes ces espèces. Il n’est en effet pas rare que certains volatiles se ressemblent beaucoup. Il faut donc un œil expert pour procéder à ce que l’on appelle la détermination, car pour une même espèce le plumage varie en fonction de l’âge, du genre ou même de la période de l’année. “Par exemple en période de reproduction, il y a des plumages qui peuvent changer”, explique la directrice du muséum. Un bestiaire qui a aussi l’intérêt d’informer les visiteurs sur les risques encourus par certaines espèces à l’instar du Kakapo, “en danger critique d’extinction”, rappelle Aude Médina. “Je savais qu’il y avait dans cette collection des spécimens rares et c’était pour cela que je voulais aussi qu’on travaille dessus.” Un projet qui a permis de mettre en évidence d’autres espèces en danger critique d’extinction. Parmi les oiseaux à découvrir, il y a donc le kakapo, que l’on appelle aussi perroquet hibou en raison de son masque facial, vivant en limite de Nouvelle-Zélande. “Il est en danger critique d’extinction parce que quand les colons sont arrivés, des prédateurs sont arrivés avec eux comme les rats, les fouines”, souligne Aude Médina, “et ce perroquet ne pouvant pas voler, il a fait l’objet d’une prédation assez importante.” Les autorités ont décidé de récupérer les kakapos pour les transférer sur des îles qui ne sont pas occupées par ces prédateurs.
“Aujourd’hui encore, ces oiseaux sont cantonnés à une île, on contrôle leur reproduction et on élève les petits en couveuses.” De 51 individus en 1995, on est passé aujourd’hui à près de 200, mais l’une des particularités du kakapo est que sa reproduction est déclenchée par la fructification d’une plante que l’on ne trouve que sur son île d’origine… Une plante qui ne fleurit, de plus, que tous les deux ou quatre ans… “Les dernières nouvelles de 2026 montrent que ce serait une très bonne année de reproduction, donc on attend de voir les chiffres, mais en tout cas on est heureux d’avoir cette espèce-là.”
– Propos recueillis par Caroline Vo Minh –
Drôles d’oiseaux ! – Lumière sur une collection exotique, Autun, Muséum d’histoire naturelle, du 26 juin 2026 au 2 janvier 2028
autun.com


