L’artiste Nicolas Floc’h est invité depuis mai dernier à la Fondation François Schneider. Son exposition Hydroscape à découvrir encore tout l’été à Wattwiller, se situe à la croisée de l’art et des sciences, et touche également à des questions environnementales.
Dans l’exposition, on peut découvrir plusieurs travaux de l’artiste qui se voit offrir une carte blanche. Ses Paysages productifs sont de grandes photographies en noir et blanc, prises en lumière naturelle et au grand angle, nous donnant accès aux forêts de laminaires abritant une faune et une flore conséquentes. Des forêts sous-marines composées d’algues notamment, situées au bord des côtes bretonnes et normandes, qui prennent cependant des allures de jungles tropicales. Ces dernières abritent une riche biodiversité, mais leur milieu aquatique commence à se transformer en raison du changement climatique. Nicolas Floc’h photographie les côtes françaises depuis une dizaine d’années, documentant les typologies de paysages, étudiant aussi la couleur de l’eau dans des environnements très différents afin de montrer les diversités de l’océan. Les eaux intérieures sont aussi concernées (lacs, rivières, estuaires), ainsi que des mers spécifiques en Méditerranée, Manche, Arctique…

© Nicolas Floc’h, Structure productive, récif artificiel, -8 m, Shiraishijima, Tara Pacific, Japon, 2017 I ADAGP, Paris, 2026
Sa série La couleur de l’eau est consacrée à la teinte des masses d’eau. Ici la couleur, élément d’ordinaire esthétique, sert également d’indicateur de la santé du milieu aquatique. À l’occasion de l’exposition à Wattwiller, Nicolas Floc’h a mené une résidence
sur le Rhin cette année, mais on peut admirer les couleurs d’autres fleuves comme le Tage qui traverse l’Espagne et le Portugal avant de se jeter dans l’Océan atlantique. “J’apprends à suivre le parcours de l’eau, sa circulation, comment elle se charge, se transforme”, explique le photographe. “Ces observations me permettent de voir que par exemple, un paysage sous-marin va être déterminé par les paysages terrestres (leur origine naturelle, forêts, zones désertiques) mais aussi leur occupation (zones cultivées, urbaines, industrielles).” L’eau se charge en effet de tout ce qu’elle traverse sur la terre ferme, transportant des éléments qui vont influencer, positivement ou négativement, les environnements océaniques. “Le phytoplancton colore les eaux en vert. On voit la chlorophylle suite à la photosynthèse”, nous explique Nicolas Floc’h. “Les eaux jaunes, oranges ou rouges peuvent être produites par les tannins des forêts, ou bien des minéraux dissouts en suspension.”
L’exposition se compose principalement de photographies, mais on peut aussi découvrir de la vidéo, ainsi que les Structures productives, sculptures à l’échelle un dixième reproduisant des récifs artificiels immergés en différents endroits du monde. L’artiste a dressé un inventaire complet de ces véritables cités sous-marines. “Ces structures vont se transformer petit à petit. L’environnement va s’en emparer. Tout un écosystème se met en place dans ces structures.”
– Propos recueillis par Caroline Vo Minh –
Hydroscape, Fondation François Schneider, Wattwiller, du 8 mai au 20 septembre
fondationfrancoisschneider.org

