Clédat&Petitpierre sont artistes associés à la scène nationale de Mâcon pour trois saisons. Au Théâtre, ils ont déjà présenté cette année Les songes d’Angèle, et l’on pourra également découvrir une autre facette de leur univers avec L’art de vivre, création 2026 qui s’inspire du monde surréaliste de René Magritte.
“Présenter sur scène des mondes imaginaires dans la fragilité de leur artifice, et les frotter au réel de la scène et des corps pour mieux convoquer des émotions partagées par chacun d’entre nous”. Tel est l’objectif de Yvan Clédat et Coco Petitpierre lorsqu’ils s’attellent à un nouveau projet, qu’il s’agisse de théâtre, danse, opéra… La manière dont ils représentent l’espace et les corps, avec une forte intention plastique, a fait leur réputation. Scénographes et costumiers sur le Péplum médiéval d’Olivier Martin-Salvant, ces derniers ont fait la connaissance des comédiens Guillaume Drouadaine de la troupe Catalyse du CNCA (Centre National de la Création Adaptée) et Fabien Coquil.
“Leur amitié est au cœur de l’Art de vivre : tous deux ont en commun un même imaginaire foisonnant, une très grande culture théâtrale et cinématographique, un humour ô combien aiguisé”, confient d’emblée Clédat&Petitpierre. Une autre ambition les réunit : “convoquer sur scène des mondes parallèles, étranges et captivants.” En faisant allusion au travail de René Magritte, Yvan Clédat et Coco Petitpierre vont également nous transporter dans le monde des rêves et de l’inconscient, dessinant un “paysage mental” comme ils le disent encore en plaçant sur scène sa fameuse pipe, ou encore Gilbert et George avec The Singing sculpture, deux figures de l’art contemporain anglais qui ont touché eux aussi à différentes disciplines artistiques.
Le décor, que le public mâconnais avait pu visiter en novembre dernier à l’occasion d’une résidence des artistes, reflète particulièrement cet univers sens dessus dessous. Les lois de la physique y semblent, sinon abolies, tout de même revisitées… comme dans un tableau de Magritte. Clédat&Petitpierre se jouent des échelles, des matières, du temps et des handicaps. “Un espace resserré et légèrement surélevé figure ce qui pourrait être un intérieur domestique”, expliquent les deux metteurs en scène, scénographes et plasticiens. “Sauf que tout y semble en bois, dans une confusion entre le dur et le mou, le léger et le lourd, chère aux surréalistes.”
Dominique Demangeot
L’Art de vivre, Mâcon, Le Théâtre scène nationale, 28 et 29 avril à 20h
Infos et réservations : www.theatre-macon.com/2025-2026/l-art-de-vivre

