Bourogne – Le chant des terres à l’Espace Multimédia Gantner jusqu’au 10 juin

Article publié à l’origine dans l’édition de mai 2017 du journal Diversions (consulter le PDF ici)

L’Espace Multimédia Gantner accueille en son sein des installations telluriques, une exposition collective regroupant des artistes qui ont comme point commun d’explorer notre relation à la terre et aux planètes en général. Ils évoquent tour à tour notre caillou comme un espace poétique ou au contraire comme le terrain de forces destructrices qui nous dépassent.

Exposition Le chant des terres à l'Espace Multimédia Gantner de BourogneIl suffit de se remémorer les grands séismes et les tsunamis des dernières décennies pour prendre la mesure de la toute puissance de la nature, lorsque cette dernière se déchaîne. Cécile Beau et Nicolas Montgermont ont ainsi exploité un séisme au Chili pour en proposer une retranscription visuelle et sonore. Avec Sillage, les données sismiques sont mêlées à du bois et de l’encre de Chine, la surface de cette dernière oscillant au son de l’enregistrement du séisme chilien pour reproduire le tremblement de terre. Les deux artistes travaillent ainsi à partir d’un phénomène naturel dont ils utilisent l’intensité afin de créer une œuvre poétique. Cléa Coudsi et Éric Herbin s’inspirent eux aussi de la terre et plus spécifiquement de pierres de charbon récupérées en Allemagne, France et Pologne, placées sur un moteur et tournant à la vitesse de trente-trois tours par minute. Le son issu de ces tours peut être véritablement qualifié de tellurique, puisqu’il est une retranscription sonore des reliefs inscrits dans la pierre, que ce soit par l’action de l’homme ou de la nature.

Exposition Le chant des terres à l'Espace Multimédia Gantner de Bourogne

Sillage – Photo : DR

D’une certaine manière, les installations telluriques proposées dans Le chant des terres donnent voix à la planète. Ne parle-t-on d’ailleurs pas d’une musique des sphères, théorisée notamment par Kepler dans son ouvrage Harmonices Mundi en 1619 ? Si cette harmonie qui serait issue du mouvement des planètes n’a jamais été vérifiée scientifiquement, elle a cependant souvent inspiré les hommes et les artistes en particulier. Avec leur installation immersive présentée à Bourogne, Jean-David Mehri et Gabriel Jeanjean sont en quelque sorte des héritiers de cette théorie de la musique des sphères, puisqu’ils proposent au visiteur de manipuler un système solaire modélisé en 3D pour créer du son, une installation entre musique et arts plastiques. Stéphane de Gérando, qui enseigne notamment au Conservatoire Henri Dutilleux à Belfort, propose avec Fragmentation une installation quadriphonique liée à une vidéoprojection, se basant sur un algorithme créant une oeuvre en temps réel. Comme l’univers, cette dernière a la particularité d’être infinie, sans début ni fin. De Stéphane de Gérando, on pourra aussi découvrir la création Stellar wave, 9e cycle du Labyrinthe, le 9 juin prochain dans la cour de la Citadelle de Belfort, ainsi qu’une autre création du Labyrinthe à l’occasion du FIMU du 3 au 5 juin prochains.

– Paul Sobrin –

Le chant des terres – Installations telluriques, Espace Multimédia Gantner, Bourogne, 1 rue de la Varonne, du 8 avril au 10 juin
www.espacemultimediagantner.territoiredebelfort.fr

Reportage de Diversions sur l’exposition Le chant des terres

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