Organisée tous les deux ans à La Filature, l’exposition de l’ASCAP Bonsaï Club reviendra les 19 et 20 septembre à Audincourt. Un temps fort qui assure la promotion du bonsaï (et de l’art du bonsaï !) auprès d’un public large.
Des visites guidées sont d’ailleurs organisées par les bénévoles de l’association. Car le bonsaï, c’est tout un art, qui requiert de la patience mais également des connaissances en botanique. Cette année le fil rouge sera “Le souffle des légendes”, et plus de 80 bonsaïs seront à découvrir, des “œuvres vivantes” comme le précise l’ASCAP Bonsaï Club, et des pièces de collections venues de France et de Suisse. Ce sera aussi l’occasion de découvrir l’artiste chinoise Sishi Zhu, invitée d’honneur, qui nous parlera des légendes chinoises “revisitées par le prisme des arbres miniatures”, précise le club. L’univers minéral sera aussi à l’honneur avec l’Association Française de Suiseki et ses pierres de contemplation.
La Filature et ses 1000 m² demeure le lieu parfait sur l’Aire urbaine pour organiser cette exposition. “La grande chance que l’on a, c’est que la Ville d’Audincourt a cet écrin merveilleux. Nos locaux sont aussi à Audincourt, que la ville nous prête gracieusement. L’autre point fort c’est qu’on est ASCAP Bonsaï Club. L’ASCAP est une structure très présente et forte de par son nombre de sections. On a un président et un bureau à l’écoute.” Une vingtaine de professionnels (producteurs de bonsaïs, artisans potiers, outilleurs, libraires spécialisés) feront le déplacement, mais d’autres disciplines seront aussi représentées.
Si le sujet est large, Gilles Vuillaume, président de l’ASCAP Bonsaï Club, nous présentait en 2024 les grandes caractéristiques de ces petits arbres qui font beaucoup parler d’eux. Le terme bonsaï se compose de deux mots, “bon” et “saï”, signifiant en toute logique “pot” et “plantation”. “Mais cela va beaucoup plus loin”, explique Gilles Vuillaume, “c’est presque un art de vivre par rapport à la nature. Les bonsaïs sont des arbres en pot cultivés, élevés, soignés, chouchoutés, avec beaucoup d’engrais, contrairement à ce qu’on pourrait croire.”
Les amateurs de bonsaïs travaillent sur la durée. “Ce qu’on recherche c’est la patine, le temps qui passe.” On trouve des essences très différentes, mais comme pour les arbres en pleine nature, la difficulté est l’adaptation aux changements climatiques. Les amateurs doivent penser différemment pour que leurs bonsaïs restent en bonne santé. Hêtres, épicéas que l’on trouve dans la région devraient être remplacés à terme par des espèces du sud. Il faut également savoir “lire” l’arbre, observer comment il se comporte, en complément de règles esthétiques comme en peinture. Tout est question d’équilibre !
La même rigueur est de mise lorsqu’il s’agit de prendre soin d’un bonsaï. “Un pin, avec l’habitude on voit à la couleur des aiguilles qu’il y a un problème. Vous tapotez les aiguilles, si vous ne les sentez pas résister assez fortement, l’arbre n’est pas bien. Donc on le remet en forme, on lui donne à manger. Si vous décidez pour l’arbre et que vous n’avez pas de respect, ça ne peut que se passer mal.” Belle leçon de patience peut-être aussi à l’ère du tout, tout de suite, comportement en vogue dans notre société du (presque) tout digital. “On a perdu le temps de se poser, de regarder, le temps aux choses de se faire. Le temps des arbres, ce n’est pas le nôtre !”, conclut le président de l’ASCAP Bonsaï Club.
– Dominique Demangeot –
Exposition Bonsaï, Audincourt, La Filature, 19 et 20 septembre, de 10h à 18h – Entrée : 7 € / personne
facebook.com/ascapbonsaiclub


