Antonella Zedda, arrivée en octobre 2025 à la direction de l’Opéra de Dijon, a préparé une première saison “collaborative”, comme elle l’a souligné, “construite par plusieurs personnes au cours d’une phase de changement, de transformation”. Une nouvelle programmation qui conserve l’esprit transdisciplinaire de l’Opéra de Dijon, même si lyrique et classique tiendront toujours une place centrale.
Une saison lyrique qui débutera avec La Cenerentola du 4 au 10 novembre, et verra le retour de Mirabelle Ordinaire, déjà venue à Dijon mettre en scène Les Pêcheurs de perles en 2025, qui s’inspirera ici des romans de Lewis Caroll, et De l’autre côté du miroir en particulier. Une co-production lyrique avec l’Opéra national du Rhin évoquant “l’émerveillement, la poésie, l’exploration et la quête du lien entre l’apparence et notre réelle identité”, explique Antonella Zedda au sujet de cette adaptation par Rossini du conte de Cendrillon. On retrouvera bien sûr le partenaire artistique principal de l’Opéra, l’Orchestre Dijon Bourgogne, ainsi que le Chœur de l’Opéra de Dijon qui seront tous deux très présents durant la saison 2026-27.
Le public voyagera cette année, en Grèce en février 2027 avec Ariane à Naxos de Richard Strauss, inspiré du Bourgeois gentilhomme. À l’instar de Myriam Marzouki qui mettra en scène cet opéra, de jeunes metteurs et metteuses en scène apportent aujourd’hui leurs regards sur le répertoire lyrique. Ce sera aussi le cas le 15 mars avec The Carmen Case, où la librettiste Alexandra Lacroix proposera une relecture contemporaine de l’opéra de Bizet, sur une musique de Diana Soh qui côtoiera des airs de la partition originale. Du 11 au 14 mai, l’opéra vénitien s’invitera avec Ercole amante de Francesco Cavalli, interprété par La Cappella Mediterranea de Leonardo García-Alarcón. La mise en scène sera assurée par une artiste de cirque, chorégraphe et metteuse en scène, Raphaëlle Boitel.
Plusieurs opéras en version concert seront par ailleurs donnés la saison prochaine, un volet qui sera inauguré le 24 septembre par Les Traversées Baroques, reprenant La Morte d’Orfeo de Stefano Landi, drame à thème musical créé en 1619 en Vénétie. D’autres moments baroques seront proposés en version concertante, comme avec Riccardo Primo de Haendel le 14 octobre, pour un grand rendez-vous de Bel Canto en compagnie des Arts Florissants. En mai, place aux Indes galantes de Rameau, dans une version réduite par Les Talens Lyriques. Du côté des concerts, Antonella Zedda annonce “une présence forte du Choeur de l’Opéra”. On retrouvera ce dernier dès le 13 septembre, dans le cadre de la 15ème édition de Musique en ville porté par Les Traversées Baroques. Il se produira dans la salle de Flore du Palais des Ducs et des États de Bourgogne autour de musiques chorales de Brahms, Mendelsshon et Liszt. On retrouvera aussi le programme proposé par Alice Julien-Laferrière et Judith Pacquier, Le Combat des chef·fe·s, mettant en lumière deux instruments qui se sont affrontés au XVIIe siècle : le cornet et le violon !
Le Combat des chef.fe.s, reportage du journal Diversions
Le 19 septembre, le Bergen Philharmonic Orchestra et le pianiste Leif Ove Andsnes interprèteront des pièces romantiques d’Europe du Nord (Brahms, Sibelius mais aussi une œuvre d’aujourd’hui, Nuances of Water de Anna Berg). À l’occasion du bicentenaire de la mort de Beethoven, plusieurs rendez-vous seront donnés, comme l’intégrale de ses sonates pour violon et piano les 15 décembre, 8 avril et 31 mai, par la violoniste Viktoria Mullova et Alasdair Beatson au fortepiano. Du Requiem de Mozart à la musique française (Ravel), le programme de concerts s’annonce riche cette saison, à laquelle prendra aussi part l’Orchestre Victor Hugo, ou encore l’Orchestre National de France le 7 janvier prochain pour un “Nouvel An à Broadway” avec notamment Bernstein.
– Paul Sobrin –


