Cet été la Ville du Creusot mobilise les quatre éléments à l’occasion de la 7ème édition de son festival des arts de la rue. L’eau, l’air, la terre et le feu se combineront grâce aux propositions artistiques des compagnies invitées, entre arts circassiens, danse, théâtre et pyrotechnie, sans oublier des concerts à suivre dans le village du festival, mis en place cette année par le collectif Le Galpon.
En 2026, seize compagnies ont été conviées, dont une bien en amont, Un Château en Espagne. Il faut dire que le festival et son univers graphique, sa signalétique, se préparent plusieurs mois à l’avance avec les habitants. Le projet participatif de cette année, Constellations, tourne autour de l’air et avait notamment pour but de créer un nouvel espace au sein du festival, La (p’tite) parenthèse, pause détente et ludique. Plusieurs ateliers ont été menés (écriture, arts plastiques…). “Toutes les créations des habitants seront signées, valorisant ainsi leur contribution au festival”, souligne la municipalité.
Le festival prendra davantage en compte le changement climatique en ne programmant aucun spectacle entre midi et 15h, avec des horaires en matinée et à partir du milieu d’après-midi. Les matinées seront consacrées en particulier au jeune public. Des représentations lui seront spécialement réservées à l’image de Comme le vent, où la cie À la Croisée des Chemins conviera 25 jeunes spectateurs à prendre part à ce numéro d’acrobaties aériennes, danse et musique.
Comme toujours Les Rugissantes vont peupler le ciel du Creusot d’artistes voltigeant, à l’instar du cirque aérien de la cie Les P’tits Bras. Avec Vent d’ouest, ils feront souffler une brise western aux accents de Tex Avery, accompagnés de leur impressionnante structure qui prendra pour l’occasion des airs de saloon. Une partie des artistes conviés au festival font en effet preuve d’un engagement physique certain ! Ce sera aussi le cas avec la troupe de Sept fois la langue qui proposera deux créations : Houl et Chutes libres, dont les titres présagent quelques moments vertigineux.
Les Bourguignons des Encombrants présenteront Garçon, un kir !. Le décor se compose d’une grande table, point central autour duquel vont graviter les comédiens incarnant des serveurs. La pièce s’inspire des arts clownesques mais évoque également des problématiques plus sérieuses comme le monde du travail, “de la productivité, du taylorisme et de la domination, contre celui de l’oisiveté, de l’errance, de l’imaginaire et de l’évasion”, explique la compagnie.
La liberté est en effet une thématique qui revient souvent dans les arts de la rue, une soif de mouvement symbolisée par la roue giratoire des Filles du renard pâle, “besoin d’action par peur d’immobilité, par peur du rien, par peur du vide”, souligne la compagnie. Son autre pièce, Respire, ne dit pas autre chose. Du cirque funambule, à 11 mètres de hauteur, “pour risquer l’inconnu, aller toujours plus loin”, explique la directrice artistique Johanne Humblet.
La danse évoquera quant à elle différentes thématiques comme les sans-abris avec Eddy. Et même si les artistes traitent de questions pas toujours drôles (l’apocalypse avec Marzouk Machine, ou la “vieillesse inéluctable” avec la cie Jacqueline Cambouis), cela ne manque jamais de fougue, d’énergie… et d’humour ! À l’instar des impressionnantes girafes de l’an passé, une grande déambulation traversera les rues le dimanche avec Au revoir Plume, par L’Homme debout. La marionnette géante, passée par Le Creusot en 2023 où les habitants avaient aidé à l’édifier, reviendra pour un dernier adieu.
– Paul Sobrin –
Les Rugissantes, Le Creusot, du 10 au 12 juillet – lesrugissantes.fr

