Les Galas sont devenus l’un des temps forts du TnS depuis leur première édition la saison dernière. Le partage est au centre de toutes les attentions puisque la plupart des événements sont pensés pour mêler artistes et public, dans un grand élan festif… et créatif.
Créatif parce que certaines des pièces sont préparées en lien étroit avec les habitants et les habitantes, à l’instar de KO Brouillard, créé par et avec la Troupe Ouest, composée d’amateurs et d’amatrices qui avaient déjà travaillé avec Maxence Vandevelde lors des Galas 2025. Dans Lucarne Année #1, l’acteur et compositeur, avec le soutien du Centre des Récits et l’accompagnement des relations avec les publics, avait travaillé aux côtés des habitants des quartiers Ouest de Strasbourg autour de la notion de beauté et de “ce choc émotionnel qui vient se greffer à l’intérieur de nous”, soulignait le TnS la saison dernière. En 2026, KO Brouillard constituera la suite de cette recherche au long cours.
On pourra retrouver lors des Galas 2026 deux autres pièces. Hatice Özer rendra hommage à celle que l’on surnommait “Le rossignol du Nil”, Oum Kalthoum, l’une des plus grandes voix de l’Orient. En attendant Oum Kalthoum prend comme pierre d’angle le long monologue chanté Alf leila wa leila (Les mille et une nuits), de Baligh Hamdi, l’un des compositeurs phares de l’Égypte des années 1960 et 70, mise en musique d’un poème de Morsi Djamil Aziz. L’occasion de découvrir la musique savante arabe, tandis qu’un chœur amateur sera disséminé dans le public. L’objectif est de ressentir ce que pouvait être l’expérience d’un concert d’Oum Kalthoum, et en particulier le phénomène du tarab. Ce terme, difficilement traduisible en français, désigne l’ivresse (spirituelle) que procurent la musique et le chant. Une transe, une extase ménagées notamment par l’attente, lors de ces grands-messes qui pouvaient réunir dans une même salle musulmans et juifs, aristocratie et peuple, lancés dans un même élan. Une communion qui transcende les croyances et les couches sociales.
Il sera encore question de musique avec le texte de Marcus Lindeen, qu’il mettra lui-même en scène. Conçu avec Marianne Ségol, Piano Man s’inspire d’une histoire vraie, celle d’un jeune homme retrouvé sur une plage, en costume de… gala, trempé, et refusant de parler pendant plusieurs mois. On découvre qu’il est un pianiste virtuose et ce mystère suscite l’intérêt du monde entier, avant que le jeune homme ne prenne finalement la parole… Marcus Lindeen s’appuie sur des documents divers et des entretiens pour raconter cette histoire à travers trois personnages : un policier, un médecin et un photographe. “Son mystère et les questions qu’il suscite sont plus captivants que les réponses”, souligne Marcus Lindeen à propos du jeune prodige. “Pour moi, Piano Man incarne une fable contemporaine, celle d’un homme qui reçoit cette chance quasi magique d’effacer son passé et de se réinventer.” Un “polar existentiel” autour de l’identité, où la musique jouera un rôle central. « Peut-être ce besoin d’imaginer répond-il à notre propre quête de sens et à notre désir de donner vie à des histoires”, s’interroge Marianne Ségol.
Les Galas, ce seront aussi différents rendez-vous proposés en parallèle des spectacles, à l’image du Centre des Récits qui présentera Galas, à l’origine les 7 et 14 mars. Émission de radio réalisée en direct autour des rencontres orchestrées pour nourrir les Galas.
– Dominique Demangeot –
Les Galas, Strasbourg, TnS, du 3 au 14 mars
Programme complet : tns.fr


