Saint-Louis – Chambre 129 à La Coupole

Que faire quand votre propre corps vous attaque ? Frappée par une maladie auto-immune, Aline Chevalier perd l’usage de ses jambes et se retrouve dans un hôpital. Commence alors pour elle un parcours, cheminement à la fois médical et intime, pour tenter de remonter aux origines du mal.

“C’est un texte que j’ai écrit il y a à peu près trois ans”, nous expliquait Marie Schoenbock en juin dernier lors de la présentation de saison de La Coupole. Aline Chevalier voit sa vie chamboulée du jour au lendemain lorsque ses jambes ne répondent plus. Dans un service de rhumatologie on lui fait passer différents examens. C’est une espèce de thriller médical, une enquête médicale et surtout une enquête au sein de sa propre personne”. Aline, qui ne peut plus marcher, doit pourtant débuter un cheminement, intime et intérieur celui-là. “Dans l’histoire il y a un moment de révélation, d’un secret que ce personnage a enfoui dans sa vie il y a très très longtemps et qui va refaire surface”, nous confie Marie Schoenbock qui évoque aussi le thème de la résilience, central dans cette Chambre 129.

Photo : Adrien Berthe

Si Marie Schoenbock est partie de sa propre histoire, d’une forme autobiographique, quelques mois plus tard elle a eu envie de creuser davantage le propos, sollicitant la lecture de différentes personnes dont Céline d’Aboukir qui met en scène la pièce. Cette dernière a convaincu Marie de porter ce texte au plateau. De l’intime, Marie Schoenbock a donc souhaité passer à l’universel. “Selon moi, ce texte n’est pas une catharsis individuelle mais un moyen d’aider à réparer une société qui doit faire avec cette parole qui se libère”, explique Céline d’Aboukir. Concernant la scénographie, “l’idée était que ce ne soit pas clairement identifié comme étant une chambre d’hôpital, pour qu’on puisse quand même laisser la part au rêve”, comme le précise Marie Schoenbock. Antonin Bouvret a imaginé de grandes bandes de tissus aériens, entre lesquels va évoluer la comédienne, décor “qui reste très ouvert sur l’imaginaire et puis sur les lieux possibles, parce qu’elle va faire des allers-retours entre le présent, l’hôpital, et le passé”, souligne l’autrice. “Il y a l’enfance, l’adolescence qui remonte, et puis l’actualité, le concret, les piqûres… toutes ces choses-là qui sont liées à ce marathon médical qu’elle traverse.”

Si une expérience traumatique survenue dans le passé est au cœur de l’histoire du personnage, la metteuse en scène évoque aussi un “texte joyeux et drôle malgré les inquiétudes”. La dramaturgie et la mise en scène vont nous donner accès à l’intérieur du personnage d’Aline, ses souvenirs d’enfance et d’adolescence, le propre chemin qu’Aline accomplit elle-même pour trouver une explication à son mal. Un cheminement intérieur qui est également illustré par la composition musicale de Philippe Rieger. “Ici, la sensation prime sur l’explication”, précise ce dernier. “L’immersion sonore permet de comprendre ce qui se joue en elle, au-delà des dialogues et de l’action.” Une composition qui se veut aussi organique, constituée de sons gutturaux, de souffles et bruits d’air. “Autant de manifestations d’un corps qui parle autrement, d’un corps profond qui se révèle dans toute son étrangeté.” Chant et respirations amplifiées complètent le dispositif sonore.

Citations de Marie d’Aboukir et Antonin Bouvret issues du dossier artistique de la pièce (Azad Production).

– Dominique Demangeot –

Chambre 129, Saint-Louis, La Coupole, 6 mars à 20h
lacoupole.fr

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