Le festival initié par La Rodia est de retour en cette rentrée pour une déjà treizième édition et toujours quatre scènes en intérieur et extérieur (abritées). Il y a de fortes chances que vous ne connaissiez pas tout le monde dans cette nouvelle programmation, mais c’est le principe du festival qui mise sur le “100% découverte” avec 45 artistes sur deux journées.
Une programmation aux quatre vents de la création et des artistes qui ont des choses à dire, voire à crier à l’image de la tonitruante Zélie. Cette dernière écoute ce que lui dicte son cœur et refuse les diktats sociaux (Je ne serai jamais, Ce corps). En matière de femmes déterminées il faut aussi citer Les Vulves Assassines dont le dernier opus commence sur une chanson paillarde et se termine par une comptine pas vraiment politiquement correcte. Entre les deux, un punk rock qui n’hésite pas à convier ici un clavier vintage, là des beats électro. Le groupe réinvente la pasionaria Louise Michel, symbole de la Commune de Paris rebaptisée Louise Mitchell pour l’occasion. Les VA ne redoutent ni la bagarre (Gladiateurs), ni les Putaclics !
À Détonation, on va se prendre en pleine face quelques déluges sonores à la manière de Gans et leur basse-batterie couplé aux machines, entre rock et électro. Autre type de rock en roue libre avec notamment Bureau De Change, qui comme leur nom ne l’indique pas, nous viennent de Bath en Angleterre. Dance rock addictif avec My First Time, qui en bonne génération Z a digéré ce qui se fait de mieux en matière de rock. La radicalité du son, on va aussi l’expérimenter avec le duo Jasmine Not Jafar et leur techno qui vous fera danser comme si personne ne regardait… Du côté du hip-hop, coup de cœur pour Adés The Planet. La rappeuse impressionne avec ses textes et ses expérimentations musicales qui rappellent les grandes heures de Ninja Tune.
Comme toujours, Détonation honnit les frontières, et s‘y mêlent électro et traditions d’Afrique (Guedra Guedra), funk rock blues et gnawa psychédélique (Bab L’Bluz). D’ailleurs cette année le festival met en lumière le Maroc, nouvelle scène qui, comme l’Irlande et le Congo les années précédentes, mélange racines traditionnelles et sons modernes entre clubbing, rythmes ancestraux et hip-hop, à l’image de Aziz Konkrite. Les traditions gnawas s’envisageront aussi dans la capitale comtoise avec les Bisontins de Mogador.
Festival particulièrement intéressé par la dimension visuelle, Détonation a convié Grand Géant pour offrir un écrin à la prestation des rockeurs indé et helvètes de Puts Marie, le collectif étant spécialisé dans la création de décors en matériaux recyclés ou détournés. L’autre création Made in Détonation mêlera THK, passé par La Rodia en novembre dernier, et le Brass Orchestra. L’électro mâtinée de rock et de dub des premiers convolera en justes noces avec les cuivres de l’École de Musique du Plateau à Saône !
Enfin Détonation prend toujours un soin particulier à convier les artistes de la région. Et dans l’actu ces derniers mois, on trouve Mathis Akengin, dont le premier album, Passage des Fleurs, sortait en juin. Si on a croisé Mathis dans de nombreux groupes du coin, fournisseur officiel de claviers chez Catfish, Emea, Alexandrie…, désormais il navigue en solo. Jeff The Fool du collectif bisontin Thé Chaud sera de retour à Détonation et partagera la scène avec 252, ancien membre de Ghetto 25. Durant ces deux jours, citons encore la venue des co-directeur et directrice de VIADANSE, centre chorégraphique national belfortain, Héla Fattoumi et Éric Lamoureux qui “s’intercaleront” (BETWEEN) entre les concerts sur la terrasse de la Rodia en compagnie de leurs interprètes.
– Dominique Demangeot –
Détonation, Besançon, La Rodia, 25 et 26 septembre
detonation-festival.com



