Après À Vif et À Huis Clos, pièces de théâtre, Kery James revient au hip-hop avec une nouvelle tournée acoustique pour porter ses textes chantés et rappés. Il a réservé l’une de ses premières dates, le 1er octobre, à la scène nationale de Mulhouse pour ouvrir sa saison.
Le nom de ce nouveau projet, R(résistance)A(amour)P(poésie), pourrait s’appliquer à une partie de la saison 2025-26 de la Filature qui, en matière de théâtre, privilégiera les textes d’aujourd’hui. Certes il y aura Le Mariage forcé, dont s’emparera le Munstrum Théâtre en novembre aux côtés de la Comédie-Française, pièce peu connue de Molière à la thématique cependant très actuelle. Sganarelle pense trouver en Dorimène une épouse fidèle et soumise, mais la jeune fille ne l’entend pas de cette oreille… Les pièces évoqueront des thématiques diverses à l’image des survivants de la Shoa (L’Amour après dans le cadre des Scènes d’automne en Alsace, qui arriveront tôt cette année, début octobre). Laure Werckmann va adapter un texte autobiographique de Marceline Loridan-Ivens, écrit avec Judith Perrignon, et on la retrouvera aussi en co-accueil avec l’Espace 110 d’Illzach (mais hors les murs, sur un terrain de tennis…) pour évoquer cette fois la vie et la carrière de Marion Bartoli. Cette dernière retraçait dans son livre Renaître son parcours de championne mais également un autre combat, intime, dans le cadre d’une relation toxique. La résistance est donc bien un mot clé cette saison, à l’instar du Poids des fourmis fin janvier qui interrogera la désobéissance civile. Certaines pièces vont évoquer la différence (Jérémy Fischer, Conversation entre Jean ordinaires), quand d‘autres plongeront dans l’intimité des couples. Stanislas Nordey mettra ainsi en scène en février une pièce de Feydeau peu connue, L’Hôtel du Libre-Échange.
Si la danse aura à nouveau son temps fort avec sa “Quinzaine” en mars, en partenariat avec l’Espace 110 et le Ballet de l’Opéra national du Rhin, il y aura de nombreuses autres occasions de se frotter à la création dansée d’aujourd’hui. Dès octobre, La Filature accueillera François Chaignaud et Nina Laisné pour Último helecho, rencontre entre répertoire baroque et folklores argentins et péruviens. Rave Lucid, de la cie Mazelfreten, mettra en lumière les danses urbaines hexagonales. En novembre, la Sao Paulo Dance Company, venue du Brésil, présentera trois pièces. Fin avril, la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin viendra créer à Mulhouse sa nouvelle pièce, aux côtés d’un chœur d’hommes perpétuant la tradition zoulou, et de la chanteuse Camille (…Alarm Clocks…).
En matière de concerts aussi, on va voyager, dès fin novembre avec Emel Mathlouthi, qui mixe ses racines tunisiennes avec l’électro, la pop et les musiques urbaines. Et c’est du Québec que nous viendra Dominique Fils-Aimé en avril, parcourant la soul, le blues et le jazz pour rendre hommage à la musique afro-américaine. Elle ne sera pas la seule représentante de la Belle Province puisqu’un soutien de la Délégation générale du Québec à Paris permettra de donner pas moins de cinq rendez-vous avec des artistes venus d’Outre-Atlantique.
La Filature ménagera des complicités avec plusieurs artistes, consacrant son « Portrait » à la comédienne chanteuse Léopoldine HH, que l’on retrouvera à trois reprises, et notamment en mai prochain pour sa première création en solo, La Folie Élisa. Ce « cabinet musical et poétique hors du temps », comme le souligne La Filature, s’inspire du roman de Gwenaëlle Aubry pour évoquer des « créatrices qui ne peuvent plus créer », souligne Léopoldine Hummel. Et parmi les artistes complices, si vous avez manqué Romain Gneouchev l’an passé à Scènes d’automne en Alsace, sa pièce Une chose vraie sera reprogrammée en février prochain à La Filature.
– Paul Sobrin –