Dijon-Besançon – Les Endimanchés prennent le train

Les Bourguignons, installés dans la petite commune de Venarey-les-Laumes, reviennent aux affaires avec une nouvelle création, Chemin de fer, qui nous entretient de la question du rail mais aussi des luttes qui ont accompagné l’avancée du train.

Modules dada et Volia Panic évoquaient déjà les liens avec notre passé industriel, et les luttes qui en ont découlé. L’avènement du monde ferroviaire symbolise quant à lui la révolution industrielle qui s’est faite jour durant le XIXe siècle, « basculement d’une société à dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle », comme le soulignent Les Endimanchés. Pour la compagnie, le chemin de fer constitue « le grand genre du XIXe siècle, comme la tragédie fut celui du XVIIe ». Le train a également « induit une vision dynamique du monde », que les arts et notamment la littérature ont voulu saisir, et a influé sur la vision du monde et son rythme, mais aussi sur les paysages et l’architecture. « Si le rail a permis de rallier des territoires, il s’agit d’observer également les transformations et dommages consécutifs au développement de la SNFC », ajoute la compagnie, « le fait que certaines petites lignes ferment au profit de projets de lignes à grande vitesse reliant toute l’Europe de part en part, quitte à dévaster les montagnes du Val de Suse, ou d’autres paysages.» La musique accompagnant l’histoire du rail sera convoquée, du blues afro-américain aux premiers skinheads jamaïcains, en passant par Pierre Schaeffer et ses Études aux chemins de fer. Musique industrielle, noise, post-punk seront également au programme, bande son que les fidèles des Endimanchés reconnaitront sans peine.

La petite commune de Venarey-les-Laumes, où est installée la compagnie, participe pleinement de cette histoire du rail, avec l’implantation d’une ligne en 1851 et la gare Les Laumes-Alesia. Des enquêtes de terrain ont été ainsi menées auprès des habitants, dont certains cheminots et des historiens locaux. Le travail de Julian Mischi, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique à Dijon, autour du monde ouvrier, a été également une source pour la création de Chemin de fer. Ce théâtre, en partie documentaire, sera notamment composé de films et d’enregistrements sonores. Le chemin de fer participe à la fois d’un certain capitalisme avançant à un train d’enfer, et d’un mouvement ouvrier qui a réfléchi à la manière de freiner cette avancée. Les Endimanchés évoquent par ailleurs les dadaïstes « traversés par une certaine coupure, une angoisse vis-à-vis de l’automatisme grandissant, la brutalité des machines qui allaient bientôt se substituer à la présence des hommes ». Notre ère numérique moderne et ses chemins de l’information apportent les mêmes questionnements et les mêmes angoisses.

Marc Vincent

Chemin de fer, Théâtre Dijon Bourgogne, du 16 au 19 novembre
tdb-cdn.com, Besançon, Les 2 Scènes, 24 et 25 novembre – les2scenes.fr

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