Besançon – L’Arbre à sang, version scénique au NTB

Cet hiver, Tommy Milliot met en scène la version plateau de L’Arbre à sang, du dramaturge australien Angus Cerini. Présentée sous une forme itinérante à l’arrivée du nouveau directeur du NTB entre 2024 et 2025, la pièce prend ici une autre dimension avec cette nouvelle forme créée sur la scène du théâtre bisontin.

La première forme de la pièce constitua en quelque sorte votre carte de visite à votre arrivée à la direction du NTB…
Ce spectacle a été créé en 2023 pour des lieux de partage, qui ne sont pas dédiés au théâtre, pour aller vers les publics, et cela c’est un projet important au CDN puisqu’il y a de l’itinérance, des navettes… Tout cela, c’est ce qu’on a appelé “Ici & Là”.

Le rapport scène/salle sera très différent de la version itinérante, jouée dans des lieux non dédiés au théâtre…
Oui, la re-création, c’est aussi faire vivre le répertoire. La pièce va s’exporter à Paris, Lorient, dans le Sud de la France… C’est une chose importante dans un centre dramatique national. Et forcément la dramaturgie ne peut pas être la même dans un rapport où le public est en cercle, et un rapport scène/salle où la temporalité n’est pas ressentie de la même manière.

Photo : Pauline Le Goff


Justement, vous avez travaillé à une nouvelle dramaturgie, à la fois de la lumière, du son et de l’espace…

Au début le désir était que ce soit le minimum possible, du théâtre de tréteaux, dans le sens où ce dont on a besoin, c’est de trois comédiennes, du texte et du public pour l’entendre. C’était suffisant car L’Arbre à sang évoquait suffisamment d’images, par la parole, par la voix, pour ne pas avoir de décor. Pour la re-création en salle, j’ai redessiné un espace, qui est complètement abstrait, ne représente rien du tout, pour essayer de recréer de la proximité entre les publics et le plateau.

Vous êtes également scénographe et avez conçu vous-même le décor. Comment avez-vous pensé ce dernier ?
C’est un décor tout en bois, pour rappeler l’aridité de la campagne australienne, mais de manière évocatrice. Il n’y a pas de réalisme dans la pièce. Je me suis inspiré notamment d’un peintre que j’aime beaucoup, Soulages, puisque je n’ai utilisé que du brou de noix, sans produits chimiques. Je me suis aussi inspiré d’un peintre impressionniste, de la même époque que Turner, qui s’appelle John Constable, qui a fait beaucoup de peintures de ciels.

Vous définissez ce nouvel espace comme “contraignant”. Mais il s’agira plutôt d’une contrainte positive ?
Il ne fera que deux mètres de profondeur. De cet espace vont naître des choses avec les comédiennes. J’ai toujours pensé qu’avoir une idée ça ne faisait pas du théâtre. C’est beaucoup plus intéressant de laisser les actrices travailler avec leurs corps, et ensuite les accompagner pour créer leur partition.

On peut rappeler aussi que c’est l’une des comédiennes, Dominique Hollier, qui a traduit le texte d’Angus Cerini.
Cette traduction a été tellement laborieuse (au sens noble du terme !), que l’on travaillait comme un musicien. Quand vous allez écouter un concert, pour que ce soit fluide, le musicien a énormément travaillé. Sur le texte de L’Arbre à sang, c’est tellement musical, elles doivent tellement parler ensemble qu’on a dû faire un gros gros travail là-dessus ! Comme un danseur, quand il fait une phrase chorégraphique, au début ce n’est pas terrible, il compte… et puis un jour ça devient fluide. Là, c’est exactement la même chose. C’est un travail extrêmement précis et musical.

– Propos recueillis par Dominique Demangeot –

L’Arbre à sang, Besançon, NTB, du 26 février au 5 mars
ntbesancon.fr

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