Benjamin Biolay – Grand Prix


POP ROCK CHANSON

Polydor

Benjamin Biolay - Grand PrixLe Biolay nouveau est arrivé. Trois ans que les fans attendaient un nouvel opus studio de l’artiste, neuvième livraison après une parenthèse en tournée avec l’ami Melvil Poupaud (Songbook). Revenu de son échappée argentine (Palermo Hollywood et Volver), le chanteur publie un album majestueux, dans les textes comme dans les sons.

La nouvelle galette de Benjamin Biolay, nouvellement arrivé chez Polydor, s’impose tout d’abord par l’immédiateté de ses titres pop. Comment est ta peine, premier extrait avec son tempo cardiaque, en est le parfait exemple, dansant, comme d’autres titres, mais sur des accords mineurs ici, analysant les conséquences d’une rupture. Un premier tour de piste qui annonce l’une des voies esthétiques prises par Biolay : des arrangements privilégiant les guitares avec Pierre Jaconelli, impulsant par ailleurs un son très rock à plusieurs morceaux. Grand Prix accueille au mixage Pierrick Devin (Phoenix, Lomepal…), qui a su mettre en valeur les guitares comme sur Idéogrammes, Papillon Noir avec son refrain électro, et Comme une voiture volée et son identité sonore imparable, les claviers reprenant la mélodie voix.

Le rock… et la pop comme sur la bluette Visage Pâle qui aurait pu être écrite dans les années 80, mélodie légère pour paroles plus assassines qu’il n’y parait (“L’homme est une espéce / Qui après trois sutures / Reste au bout de la laisse”). La chanson-titre Grand Prix, composée après l’accident qui coûtera la vie à Jules Bianchi, est un bel hommage au jeune pilote disparu en 2015, avec ses nappes de claviers aériens traçant comme des bolides. Souviens-toi l’été dernier invite la complice des premiers albums, Keren Ann, pour un titre gorgé de soleil qu’aurait pu composer Robert Palmer, à écouter cet été dans la bagnole, vitres grandes ouvertes. On retrouve également sur ce nouvel album ces arrangements de cordes, les cuivres aussi, plus discrets, qui sont la marque de fabrique de Biolay depuis Rose Kennedy en 2001. Ils illuminent notamment Vendredi 12, dont le clip sorti récemment, propose un montage-hommage à l’actrice italienne Monica Vitti, illustrant une fois encore l’absence de l’être aimé(e).

“A présent c’est l’automne et plus rien ne m’étonne”, confie le chanteur de 47 ans, sur Ma route qui prend des accents plus folk, le bilan d’un artiste pourtant bien plus apaisé qu’à l’époque du grandiose album Trash Yéyé en 2007. Les décennies passent et sa voix prend de l’épaisseur. Après nous avoir parlé de filiation dans Ton héritage, Biolay continue de lancer des regards dans le rétroviseur. La roue tourne fait partie de ces titres (La débandade, Volver) dans lesquels l’artiste se confie à nous. “Plus les années avancent, plus les vérités moins”, chante Biolay sur ce titre qui arracherait des larmes à un portail de jardin. Mais pleurer, ça fait du bien, comme il le dit en chœur avec sa fille Anna, sur Interlagos (Saudade) qui clôt l’album sur une note de voyage, dernier écho (brésilien) à l’Amérique latine tant aimée. Prochaine destination : la nouvelle tournée de Benjamin Biolay prévue pour 2021.

Dominique Demangeot

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