NéO – La Reine de mai

ROMAN

Albin Michel 

Parution le 28 janvier 2026

Avec le deuxième volet de sa série autour des péchés capitaux, Nicolas d’Estienne d’Orves, NéO pour l’occasion, passe de la littérature (le héros du premier tome était écrivain) à la peinture, et se penche une fois encore sur les affres de la création.

NéO - La Reine de mai - Albin Michel - Chronique dans le magazine DiversionsChaque histoire de cette heptalogie étant autonome, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le précédent volume pour apprécier les intrigues de NéO. Tobias Gantzer est expert en tableaux anciens, mais également faussaire et bourreau des cœurs. S’il était parvenu jusqu’ici à mener de front et avec un talent certain ces trois occupations, l’âge le rattrape finalement, tout comme son passé obscur. Ça commence comme un thriller, puisque sept cadavres de femmes sont retrouvés dans un sous-sol en banlieue parisienne. Tobias Gantzer serait-il également un bourreau des corps ?

La Reine de mai donne son titre à ce deuxième roman, tableau mythique dont il n’existe aucune copie ou photographie, qu’on aurait aperçu pour la dernière fois en 1903. Gantzer en a fait un livre à succès, La Joconde nous a menti. Portrait d’une opulente femme rousse, “allégorie de la Luxure” sensuelle et provocante, œuvre macabre également à l’image de ce deuxième roman ou Eros et Thanatos partent en bacchanales bras dessus, bras dessous. NéO marche une nouvelle fois dans les pas de la littérature gothique du XIXe siècle. On pense au Portrait de Dorian Gray en particulier ici, dans la relation trouble voire perverse que semble entretenir Gantzer avec le mystérieux tableau.

Tobias Gantzer est un faussaire de génie, mais la soixantaine passée il aimerait être davantage qu’un simple copieur, aussi doué soit-il. “Voilà cinquante ans que tu tournes le dos à ton talent”, lui lance d’ailleurs Laura, son ex-femme. Seulement voilà, Tobias Gantzer et sa “légende si bien tricotée depuis quarante ans” ont du plomb dans l’aile… Avec Laura, Tobias partage un secret, les terres de leur enfance en Auvergne, refuge coupé du monde comme pouvait l’être l’île bretonne dans L’île de l’orgueil. De mystérieuses disparitions s’invitent dans La Reine de mai, histoire de brouiller encore un peu plus les pistes et nous plonger dans l’ambiance des feuilletons façon XIXe.

Pour tenter de reconstituer le puzzle Gantzer, on a droit aux points de vue de différents personnages, mais le mystère ne fait que s’épaissir au fil des pages, dans ce thriller plus métaphysique que sanglant. Après le microcosme littéraire parisien qu’il prenait un malin plaisir à égratigner dans le premier roman, NéO s’en prend au monde de l’art et sa “faune froufroutante”. Et une fois encore l’auteur s’amuse à multiplier les (fausses ?) pistes… “Depuis que je te connais, tu jongles avec la réalité !”, lance son ex-femme à Tobias. Une tendance que l’on peut tout à fait attribuer à NéO. On a déjà hâte de découvrir ce que l’auteur nous a réservé pour la suite. Prochaine étape : la paresse.

Dominique Demangeot

À lire également : NéO, L’île de l’orgueil

 

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