Musique

Théâtre National de Strasbourg – Nouvelle saison 2019-2020

Les samedi 22 juin à 18h et dimanche 23 juin à 16h, le TNS présentera sa prochaine saison, avant l’ouverture de la billetterie le lundi 24 juin à partir de 11h. Une nouvelle saison, et un nouveau volet dans le projet de Stanislas Nordey qui entame un deuxième mandat en tant que directeur de la maison de théâtre strasbourgeoise. De la venue cet hiver du fameux Théâtre du Radeau – dont il est toujours si compliqué de résumer un spectacle qui n’est pas encore monté ! – au retour de Jean-François Sivadier, ancien élève de l’École du TNS – groupe 24 -, en passant par la nouvelle création de Wajdi Mouawad, voici un survol de cette saison à venir.

Un « théâtre qui s’invente aujourd’hui », comme aime à le rappeler Stanislas Nordey, et qui met en avant les auteurs de notre époque. Les classiques ne seront pas oubliés pour autant, à l’image du Misanthrope de Molière dans la mise en scène d’Alain Françon du 16 octobre au 9 novembre, qui nous transporte à l’époque des courtisans, et vaut notamment pour le personnage de la jeune et belle Célimène, avide d’indépendance en un temps où l’on en accordait si peu aux femmes. Toujours du côté des classiques, le spectateur découvrira Un ennemi du peuple d’Ibsen en décembre, mettant en lumière un dilemme entre l’écologie, l’économie, le politique et le social, qui rappellera nos propres écartèlements, à l’heure du glyphosate et du diesel, le personnage de Tomas Stockmann faisant en quelque sorte office de lanceur d’alerte, comme le fait remarquer Jean-François Sivadier qui met en scène la pièce. On retrouvera bien évidemment la saison prochaine les artistes associé·e·s. Trois petits nouveaux intègrent le TNS, tous trois issus de son école : Eddy D’aranjo, Mathilde Delahaye et Pauline Haudepin – ces deux dernières mêleront voguing et théâtre en avril et mai prochains avec Nickel -.

Théâtre National de Strasbourg Saison 2019-2020

Saison 2019-2020 du TNS – Cliquer pour agrandir

Le TNS 2068, initié l’automne dernier alors que la structure célébrait ses cinquante années d’existence, se poursuivra lui aussi la saison prochaine. Quant à l’École du TNS, elle est toujours elle aussi plus que jamais d’actualité. Un « Théâtre–École » qui accueillera d’ailleurs un nouveau cursus pédagogique. Comme un écho à la création récente Qui a tué mon père, tirée du roman d’Édouard Louis, cette saison à venir s’ouvrira le 21 septembre avec Retour à Reims. Là encore, un écrivain revient sur le lieu de ses origines. Thomas Ostermeier adapte l’essai de Didier Eribon s’interrogeant sur les rapports de classe, l’exclusion et les votes extrêmes. Sylvain Creuzevault s’inspirera quant à lui, du 4 au 12 octobre, du Capital de Karl Marx, en réadaptant sa pièce Le Capital et son Singe, créée en 2014. Le metteur en scène répondait directement en 2016 à la survenue du mouvement social provoqué par la fameuse Loi Travail. Un pont entre les mouvements révolutionnaires du XIXe siècle et notre époque actuelle. Avec Banquet Capital, Sylvain Creuzevault nous fait revivre les préparatifs de la journée du 15 mai 1848, lors du conflit entre les républicains progressistes et la bourgeoisie. Une période charnière dans l’histoire sociale française, où apparait la figure de l’ouvrier industriel, à l’aube du capitalisme tel qu’on le connait encore aujourd’hui. Du 15 au 24 novembre, Stanislas Nordey conviera une partie des équipes de Clôture de l’amour et Répétition, donnés il y a quelques années au TNS. Pascal Rambert mettra en scène Architecture, avec au plateau Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet mais aussi Anne Brochet, Jacques Weber et en alternance Denis Podalydès sociétaire de la Comédie-Française, entre autres comédien-ne-s. Nous suivons, de 1911 jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, une famille dans l’Austro-Hongrie entre les deux conflits mondiaux. « Comment se reconstruire après l’horreur ? », s’interrogera Pascal Rambert. « Et comment faire face, au fil du temps, au pressentiment qu’une autre horreur viendra, et qu’elle sera peut-être pire ? ».
On retrouvera Pascal Rambert plus loin dans la saison, en mars et avril, avec Mont Vérité, cette fois autour de la notion d’utopie.Plus que jamais, metteur-e-s en scène, comédien-n-es, auteur-e-s s’inscrivent dans le monde, puisque ce dernier nous façonne, comme l’avance Jean-René Lemoine qui présentera Vents contraires en novembre et décembre. Julien Gosselin retrouvera quant à lui les créations au long cours avec sa nouvelle pièce Joueurs, Mao II, Les Noms, adaptée de trois romans de l’auteur américain Don DeLillo dont les thèmes de prédilection, la peur et la violence, entrent en résonance avec les recherches du metteur en scène. Julien Gosselin aborde ici la question du terrorisme.

La saison 2019-2020 du TNS réserve bien d’autres rendez-vous, de l’adaptation d’un texte du dramaturge norvégien Arne Lygre par Stéphane Braunschweig,  à la réécriture d’un Barrage contre le Pacifique par Marguerite Duras, mis en scène par Christine Letailleur, une autre fidèle du Théâtre National de Strasbourg. Quant à Stanislas Nordey, il mettra un point final à la saison (régulière, n’oublions pas L’Autre Saison !) en mai prochain en compagnie de Marie NDiaye, avec Berlin mon garçon. Avec l’auteure associée au TNS depuis la saison 2015-2016, Stanislas Nordey va mettre en scène les interrogations qui surgissent suite à la disparition d’un personnage. “Les parents et Esther sont confrontés à l’absence et à l’inconnu”, souligne Marie NDiaye. “À partir de ce vide terrible, ils peuvent tout imaginer, tout envisager…”.

Théâtre National de Strasbourg, Saison 2019-2020
Programme complet : www.tns.fr

Stanislas Nordey, Théâtre National de Strasbourg, TNS

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