Strasbourg – On achève bien les chevaux à l’OnR

Après sa création à la Quinzaine de la Danse en mars dernier, à La Filature de Mulhouse, le projet commun au Ballet de l’Opéra national du Rhin et de La Compagnie des Petits Champs arrive à l’OnR en avril. Adaptation dansée du roman noir d’Horace McCoy, On achève bien les chevaux fait cohabiter sur scène corps et parole dans un même élan, à travers quarante-cinq danseurs, comédiens et musiciens réunis au plateau.

Photo : Agathe Poupeney

Ces sont deux compagnies qui unissent ici leurs forces, aux côtés du chorégraphe Bruno Bouché et des metteurs en scène Daniel San Pedro et Clément Hervieu-Léger (respectivement CCN-Ballet de l’Opéra national du Rhin et Compagnie des Petits Champs). La pièce, qui mêle danse et théâtre, s’appuie donc sur la fibre sociale d’Horace McCoy. Écrit en 1935, On achève bien les chevaux est une réaction à la grande dépression de 1929 qui jetait des millions d’Américains dans la misère. Deux figurants au cinéma s’inscrivent à un marathon de danse pour tenter de s’en sortir, dansant durant des semaines jusqu’à l’épuisement, le couple vainqueur étant le dernier à rester debout. « Cette histoire – déjà adaptée au cinéma par Sydney Pollack en 1969 – ne pouvait se prêter davantage à cette rencontre entre les musiciens, les danseurs du Ballet et les comédiens de la Compagnie des Petits Champs, car tout y est déjà contenu : la danse et le théâtre, le groupe, la condition de l’artiste et sa place dans la société », explique l’’équipe du spectacle.

«Entre la fiction et la réalité, les trois créateurs souhaitent s’interroger sur ce qui fait spectacle. Un spectacle sans public a-t-il une raison d’être ? Le public peut-il être complice d’un spectacle poussé à l’excès ? Peut-il en être l’otage ? » Pour cela, les interprètes vont devoir notamment puiser dans leurs propres ressources individuelles pour atteindre l’épuisement et tester leurs propres limites. Sur des musiques variées allant de Stevie Wonder à Coldplay, de Charles Mingus à Wham ! en passant par Felix Mendelssohn et Cole Porter, le corps est mis au premier plan, en position de fragilité. La parole proclamée, nécessairement parasitée par la fatigue, est tributaire de cet effort avant tout corporel. « Baquets à glaçons, sels et gifles sont autorisés pour le réveil », était l’une des clauses du règlement donné aux danseurs dans le roman, comme une allusion à la violence d’une société qui n’a pas vraiment changé de nos jours.

Marc Vincent 

On achève bien les chevaux, Strasbourg, Opéra, 2, 3, 4, 6 avril à 20h, 7 avril à 15h
www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-2023-2024/dance/on-acheve-bien-les-chevaux

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