Depuis début mai, l’exposition Mystification de la Saline royale explore les liens entre architecture et cinéma. Des thèmes qui vont donner une couleur particulière à l’été de la saline, en parallèle de son traditionnel Festival des Jardins, qui lui aura pour fil rouge 2026 les insectes et leurs métamorphoses.
C’est le dimanche 7 juin que débute le festival, mais ce dernier a été préparé depuis plusieurs mois, entre la conception des jardins par les élèves d’écoles de paysage puis la réalisation par des élèves d’écoles d’horticulture, le tout supervisé par les équipes de la saline. Les élèves ont travaillé sur le thème de la biodiversité et le vaste monde des insectes en particulier, afin de mettre en scène “le Théâtre du Vivant” pour reprendre le nom d’un jardin de l’an dernier.
On restera dans le monde du végétal le 13 juin avec Microcosmos, le peuple de l’herbe, ciné-concert symphonique de l’Orchestre Dijon Bourgogne sur une musique de Bruno Coulais. Et les 20 et 21 juin, place aux fleurs avec un nouveau rendez-vous, Tempus Floris, festival dédié à la création florale contemporaine et aux savoir-faire horticoles.

Toile de Claude Gazier – Peinture du film
La rose pourpre du Caire de Woody Allen réalisé en 1985. © Claude Gazie
L’autre temps fort de l’été est l’exposition Mystification – Architecture et cinéma, la quête de l’illusion, exploration des moyens mis en œuvre par les architectes et les artistes pour tromper nos sens. “Ils prolongent l’espace, manipulent l’échelle, ouvrent des horizons fictifs”, souligne la Saline royale. L’exposition présente de nombreux exemples, depuis Léonard de Vinci et sa passion pour les illusions d’optique, au film Matrix à l’ère numérique.
Parmi les longs-métrages cités dans l’exposition, difficile de ne pas mentionner ici le film Dom Juan de Marcel Bluwal, tourné à la Saline royale en 1965 avec Michel Piccoli dans le rôle du célèbre séducteur. À l’ère du virtuel, de l’intelligence artificielle et des jeux vidéo, la question de l’illusion, voire des fake news, est d’autant plus centrale de nos jours. “Dans cette confusion possible entre le monde vécu et le monde calculé se joue une question essentielle”, s’interroge la Saline royale, “que devient notre liberté d’agir lorsque la perception elle-même peut être fabriquée, ajustée, orientée ?” La peinture a aussi sa place dans l’exposition, notamment à travers les tableaux de Claude Gazier s’inspirant de films mythiques comme La rose pourpre du Caire.
L’exposition se poursuit dans la cave de la Maison du Directeur, où est reconstitué le décor du film La Belle et la Bête. L’architecte Juan-Pablo Molyneux y réinterprète l’univers fantastique de Jean Cocteau.
Du 9 au 18 juillet, lors des Nuits de la Saline, le Centre de Lumières accueillera Le voyage du collectionneur d’illusions les jeudis, vendredis et samedis soirs. Le monde poétique du peintre René Myrha prendra vie par la magie du mapping. Cette création de Claude Stadelmann et Marc Benaiche est mise en musique par Nathan Stornetta, assistant de Hans Zimmer.
Deux formules proposées (informations sur le site de la Saline royale)
Du 6 au 22 août 2026, on pourra ensuite profiter pour la première fois de cinéma en plein air à 22h les jeudis, vendredis et samedis soirs, quelques grands classiques à (r)découvrir comme La Belle et la Bête, Le Magicien d’Oz, Matrix… et là encore deux formules proposées, avec ou sans dîner à la Saline.
Et comme chaque été, la Saline royale propose également une saison musicale, avec les deux temps forts Gims et Sting des 25 et 26 juillet, mais aussi le concert de l’Orchestre Français des Jeunes en résidence, le 26 août.
– Dominique Demangeot –
salineroyale.com
