Musique

Théâtre National de Strasbourg – Architecture du 15 au 24 novembre

Cet été, la dernière création de Pascal Rambert ouvrait le Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. Une famille, à Vienne, fait face à l’histoire, brutale comme souvent, de 1911 au début de la Seconde Guerre mondiale, période troublée, où l’espoir des années 20 s’achèvera brutalement. La pièce est de retour dans une version adaptée pour les salles fermées.

Architecture au TNS du 15 au 24 novembre – Photo : Jean-Louis Fernandez

Comme toujours avec Pascal Rambert, chaque rôle a été pensé pour un acteur précis, une actrice précise, et ses personnages portent toujours les prénoms de ces derniers. On trouve ainsi un rapport particulier, presque intime entre la langue et les corps des interprètes. La pièce trouve son origine en 2014, alors que Pascal travaillait sur Répétition avec Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey et Denis Podalydès. « À la fin des représentations, je leur en ai parlé et je leur ai dit qu’on le ferait quand on aurait le temps. Et puis l’envie s’est développée pendant que je faisais Argument avec Marie-Sophie Ferdane et Laurent Poitrenaux, puis Actrice avec Marina Hands et ensuite Arthur Nauzyciel que j’ai inclus naturellement dans le processus puisqu’on a fait De mes propres mains et L’Art du théâtre ensemble ». Ce sont quasiment tous ces interprètes que l’on retrouve dans la pièce à découvrir au TNS du 15 au 24 novembre, sans oublier Jacques Weber qui, de l’aveu de Pascal Rambert, est le pivot central du texte, le patriarche de cette famille viennoise dans la tourmente. « Et puis j’ai aussi eu la possibilité de faire monter à bord Pascal Rénéric », ajoute le metteur en scène. De la même manière que Pascal Rambert se lance dans une écriture, partant de la phrase elle-même, avec Architecture, il a souhaité prendre pour base les rapports entre ces différents interprètes.

Photo : Jean-Louis Fernandez

Jacques Weber incarne un architecte de renommée, par ailleurs grand voyageur, constructeur d’exception, mais qui étouffe ses enfants. La pièce nous transporte ainsi de Vienne à Athènes, de Trieste à Bratislava, de Venise à Paris. Nous suivons une famille d’artistes, peintres, militaires, un clan d’individus brillants qui va pourtant être abîmé, notamment par la première guerre mondiale, les membres de cette famille maudite périssant tous pour des raisons diverses, par la folie des hommes, par leur propre folie ou celle de leur père. Car en dépit de ses talents nombreux, cette famille ne parviendra pas à empêcher l’avènement du Troisième Reich, l’arrivée du Nazisme en Europe. Pascal Rambert dresse un parallèle avec notre époque, « un repli » comme il le dit lui-même, qui est en train de s’effectuer en Europe et ailleurs dans le monde. Du Brexit à la situation au Brésil, en Pologne, en Italie et jusqu’à Trump, on assiste à une résurgence des nationalismes. « Si les plus brillants n’ont pu empêcher le sang, comment ferons-nous dans un temps peu armé comme le nôtre si le sang se présente à nouveau ? », s’interroge Pascal Rambert. Les lieux et les époques s’enchaînent à un rythme soutenu, sur une période de trente ans. « Architecture, c’est le doute devant la structure », souligne Pascal Rambert. « Pour moi, le titre contient l’idée principale de la pièce, qui est que toutes les choses auxquelles on croit ou auxquelles ces gens-là peuvent croire, ces choses qui ont l’air extrêmement solides […] ne le sont pas, évidemment, et peuvent ne pas nous protéger de tomber dans le gouffre ».

– Paul Sobrin –

Architecture, Théâtre National de Strasbourg, du 15 au 24 novembre
www.tns.fr

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