Figure majeure de la danse asiatique mais aussi internationale, Eun-Me Ahn s’est initiée tout à la fois aux rituels chamaniques et à la danse contemporaine (elle passera plusieurs années à New York), d’où ce mélange savamment dosé dans son travail entre mysticisme et modernité, Orient et Occident. Post Orientalist Express, sa dernière création en date, débarque au Théâtre, Mâcon scène nationale le 16 janvier 2026.
Post Orientalist nous invite à (re)visiter les traditions de l’Asie, mais aussi les clichés ou en tous cas les représentations qui lui sont attachées. “L’Orient fait de longue date l’objet de fantasmes et de fascination en Occident. Cette vision a souvent été intégrée en Asie même et parfois déformée pour s’y conformer”, explique la compagnie d’Eun-Me Ahn. La pièce parle donc aussi d’identité et revêt par ailleurs une dimension politique, entre culpabilité post-coloniale et regain de nationalisme en Asie. Post Orientalist Express veut se situer entre les deux. Le spectacle regorge alors de symboles de l’Asie, qu’il s’agisse des légendes et des musiques, sans oublier les costumes, toujours flamboyants chez Eun-Me Ahn. Cette dernière met à profit ces différents clichés pour mieux les détourner.
C’est un trait d’union entre l’Orient et l’Occident que souhaite bâtir la chorégraphe, abolir une certaine frontière, “franchissant les seuils culturels pour donner un nouveau cadre d’expression au langage corporel à travers l’Asie”, explique Eun-Me Ahn. Par-delà l’exotisme qui s’est répandu notamment au milieu du XIXe siècle, ce que l’on appela orientalisme, elle souhaite plutôt détourner tout cela pour théoriser (mais de manière très physique au plateau) un post-orientalisme. “De quelles phrases une nouvelle forme de danse peut-elle accoucher et par quels moyens ce nouveau discours traverserait les frontières des nations et continents, des langues et des cultures?” Eun-Me Ahn nous embarque alors à bord du Post-Orientalist Express, où elle a entreposé, selon ses propres mots, “la lumière brûlante du soleil, les averses soudaines, les vents tourbillonnants, les gouttes de sueur”, entre autres éléments. Une entreprise de déconstruction/reconstruction.
Dominique Demangeot
Post Orientalist Express, Mâcon, Le Théâtre, 16 janvier à 20h
www.theatre-macon.com/2025-2026/post-orientalist-express

