Besançon – Les Lettres séquanes au MBAA


Le Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon présente une nouvelle exposition qui évoque le territoire de la cité des Séquanes et son organisation. Un voyage temporel qui nous mènera de la conquête romaine à la fin du IIIe siècle, éclairé par de nouvelles recherches en archéologie et en épigraphie.

Inscription découverte en 1784 à Mandeure concernant un questeur de la ville. Datée entre le Ier et le IIIe siècle, réalisée dans une plaque de marbre © Collection du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon

L’exposition nous fera tout d’abord découvrir ce qu’était le territoire gaulois oublié de la Séquanie, s’étendant de la Franche-Comté à une partie de la Bourgogne. À l’époque, la capitale s’appelle encore Vesontio, et constitue le chef-lieu de la cité des Séquanes. C’est donc tout naturellement que le projet de recherche Sequania : identité territoriale et dynamiques patrimoniales est mené en partenariat entre le MBAA et les universités de Franche-Comté et de Bourgogne. L’occasion de poursuivre une longue tradition de recherche historique et archéologique, qui s’est développée à partir du XVIIe siècle en Europe. En Franche-Comté, le territoire antique des Séquanes a toujours constitué un axe de recherche majeur : réalisation de cartes, nombreuses publications des sociétés savantes et de certains de leurs membres en particulier, à l’image d’Auguste Castan (1833- 1892) qui a laissé son nom au célèbre square bisontin. Il était cependant nécessaire de renouveler la recherche autour de la Séquanie dans la mesure où les textes antiques, qui évoquaient les limites de la cité romaine des Séquanes, proches de celles de l’actuelle Franche-Comté, n’étaient pas d’une grande acuité. Ces frontières étaient avant tout administratives. La romanisation fut un processus long, un échange entre cultures gauloise et romaine. Après la conquête romaine, les Séquanes deviennent « civitas » et conservent en effet une partie de leurs structurespolitiques, économiques et sociales.

Monnaie gauloise en argent portant le nom du peuple des Séquanes, datée du Ier siècle avant J.-C.
© Collection du musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon

L’exposition reviendra également sur le Ier siècle av. J.-C., ère de changements sociaux, économiques, politiques et territoriaux, même si avant la conquête, le territoire possédait déjà ses propres voies de communication fluviales et terrestres, un artisanat et une agriculture. La cité qui ne s’appelle pas encore Besançon se développe elle aussi, passant d’oppidum gaulois à civitas romaine, une évolution qui s’initie à partir du règne d’Auguste (27 av. J.-C.-14 ap. J.-C.). Les élites locales président à la gestion politique et religieuse tandis que l’écrit se généralise et que l’architecture romaine apparait au milieu du Ier siècle ap. J.-C. L’organisation aussi s’envisage « à la romaine », les
Séquanes intégrant l’empire romain. Le panthéon des divinités gréco-latines vient se greffer lui aussi sur les croyances gauloises, même si des particularismes régionaux sont là encore conservés, à l’image du dieu Mars ou de certaines pratiques funéraires. Il faut attendre les années 70 ap. J.-C. pour que les institutions deviennent complètement romaines avec un Sénat local dans le chef-lieu Vesontio. On identifie par ailleurs d’autres agglomérations telles que Mandeure/Epomanduodurum, site cultuel.

– Paul Sobrin –

Les Lettres séquanes. Le territoire des séquanes sous l’Empire romain (50 av. J.-C. – fin du IIIe siècle ap. J.-C.), Musée des beaux-arts et d’archéologie, Besançon, du 21 octobre au 3 mars
mbaa.besancon.fr

Besançon, Doubs, exposition, les lettres séquanes, MBAA, musée des beaux arts et d'archéologie

Powered by WordPress. Designed by Woo Themes

WordPress SEO fine-tune by Meta SEO Pack from Poradnik Webmastera