VIADANSE proposera le 2 avril un Openvia dédié à la nouvelle création d’Héla Fattoumi, TWAMA Paradise. Si la première se tiendra fin juin au Festival Montpellier Danse 2026, le public de l’Aire urbaine aura la primeur de ce voyage en binôme qu’ont décidé d’accomplir Héla Fattoumi et Sondos Belhassen.
TWAMA Paradise s’inscrit dans un répertoire de pièces liées au féminin, “même si elles étaient toujours co-signées avec Éric”, précise Héla. “Elles sont aussi reliées au monde arabo-musulman d’une façon ou d’une autre.” La chorégraphe souhaitait retrouver le plateau, pour se réinterroger à l’aune de sa double culture franco-tunisienne. Elle accomplira ce voyage avec une “sœur rêvée”, Sondos Belhassen. “On a une ressemblance assez évidente. Les gens ne nous confondent pas mais il y a des choses très communes et des choses très éloignées.” Twama signifie jumelles en arabe, “celle qui est de l’autre côté du miroir, dans ce binôme un peu trouble, un peu déformé, une part de moi totalement fantasmée.”
Si la danse les réunit, les deux artistes se sont croisées régulièrement depuis 1989, sans jamais collaborer. “Je l’ai vue dans un solo écrit par un chorégraphe, car elle revendique le fait d’être interprète. Pour elle, c’est quelque chose de très fort de se mettre à disposition, nourrir la créativité, les projections de l’autre.” Avant de décider de travailler ensemble, il y eut d’autres rencontres, pour évoquer “nos vies, nos filles, nos mères”, explique Héla, des étapes de la vie qui seront le terreau de cette création 2026. “Je l’ai invitée à Belfort pour qu’on passe trois jours ensemble. Ensuite on a commencé à s’apprivoiser, clarifier la place de chacune dans le travail…”
La pièce s’écrit donc au plateau à partir des corps, du geste mais aussi du chant. “Il y a toujours une place qui est faite pour l’imaginaire du spectateur. On travaille sur le fragment de la mémoire, nos rencontres fragmentées, que le spectateur va réassembler à sa façon.” La bande son sera très inspirée de musiques d’aujourd’hui, “de jeunes musiciens qui réinterrogent le patrimoine musical tunisien par exemple.” Un paysage musical qu’Éric Lamoureux a retravaillé, redessiné comme à son habitude.
Le dernier mandat
TWAMA Paradise marque le début du dernier mandat d’Héla Fattoumi et Éric Lamoureux au Centre chorégraphique national de Bourgogne Franche-Comté à Belfort. “On est très heureux de vivre cette expérience”, confie la co-directrice de VIADANSE. “Et on embarque les autres, on en fait profiter d’autres artistes, entre les artistes invités, associés, et puis l’équipe est formidable.” Ce dernier mandat sera naturellement sous le signe de la transmission, et il sera d’ailleurs baptisé Archives vivantes. “Qu’est-ce qu’on laisse ? Qu’est-ce qu’on embarque ?”, demande Héla Fattoumi qui souhaite avec Éric “réinterroger, reconstruire mais transmettre aussi avec nos interprètes qui nous ont accompagnés pendant toutes ces années.”
Depuis 2014, Héla et Éric ont accueilli au sein de leur troupe plusieurs interprètes qui poursuivent désormais leur travail sur la Franche-Comté (Angela Vanoni et Mohamed Lamqayssi, de la cie AdVance, Sarath Amarasingam qui a fondé Advaïta L Cie…). “Un projet, ce n’est pas juste des gens qui ont des idées et les imposent. C’est une vision, et ensuite elle est partagée par des forces humaines, les personnalités qui donnent au projet de VIADANSE cette coloration si particulière.”
– Propos recueillis par Dominique Demangeot –
TWAMA Paradise, Belfort, VIADANSE (Openvia), 2 avril à 19h30
viadanse.com
