Musique

Audincourt – Otis Taylor au Moloco le 9 mai

Le bluesman américain Otis Taylor, né en 1948 à Chicago, fera une escale audincourtoise au printemps. Parmi ses nombreux faits d’armes, le musicien a souhaité remettre en lumière le banjo, dont les origines sont africaines. Il revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec un nouvel album, dont on devrait entendre plusieurs titres sur la scène du Moloco.

ot2La vie et la mort s’entremêlent constamment, comme nous le rappelle le morceau qui ouvre Fantasizing About Being Black, sorti l’an dernier. Dès les premiers instants, la guitare lap steel d’Otis Taylor s’invite. Twelve String Mile évoque la situation de l’homme noir dans les années trente. Après My World Is Gone en 2013, album dans lequel Otis Taylor évoquait le sort peu enviable des Amérindiens aux États-Unis, le musicien réitère son engagement musical et politique en traitant cette fois de la situation des Afro-américains. Héritier d’une tradition centenaire, celle du blues, Otis Taylor s’inscrit en effet dans la fière lignée des grands bluesmen. Il semble avoir hérité en particulier de musiciens tels que John Lee Hooker – assez flagrant sur Tripping On This – ou encore le hanté Skip James, qui n’avaient pas leur pareil pour installer une certaine transe chez l’auditeur, au moyen de riffs de guitare répétitifs et hypnotiques, et d’une voix spectrale.

Le deuxième morceau, Walk On Water, prend des accents hispaniques, mais on y retrouve ces accords qui se répètent à l’infini. Le bonhomme définit lui-même sa musique comme une « trance blues », et si l’électricité surgit enfin avec Hand On Your Stomach, sa musique conserve cette forme particulière, tel un mantra musical que l’artiste érige sur les quelques minutes que durent ses chansons. Otis Taylor nous parle de l’histoire des Noirs Américains, depuis l’arrivée sur les bateaux négriers jusqu’aux rives du Mississippi. L’histoire se poursuit de nos jours et l’artiste n’oublie pas de mettre en perspective l’histoire avec la situation actuelle aux États-Unis. Si la lutte pour les droits civils est passée par là, tout n’est pas réglé. Pour rendre hommage aux anciens esclaves, Otis Taylor fait intervenir violon et banjo, que l’on trouvait déjà dans les champs de coton, et dont il souhaitait montrer toute la richesse sur ce quinzième album.

– Paul Sobrin –

Otis Taylor + L’Étrangleuse, Le Moloco, Audincourt, 9 mai à 20h
www.lemoloco.com/agenda/otis-taylor-1ere-partie/

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