Les Micro Giboulées seront de retour en mars au TJP, toujours sous le signe de la transformation. Des métamorphoses qui prendront différents aspects, qu’il s’agisse de se draper dans des costumes divers (parfois même sous différentes couches de costume !) ou faire œuvre commune lors de moments participatifs. Transgresser pour devenir (ou faire advenir) autre chose.
Dès le premier jour, le TJP vous invite à sortir de ses murs en prenant part à La Parade des Roses. L’artiste plasticien et graphiste Tanguy Chêne a disséminé dans la ville des ados transformés par la magie du costume et du maquillage en drôles de créatures mi-plantes mi-êtres surnaturels, qui donneront aussi de la voix lors de cette parade colorée et festive. Un atelier préalable a permis d’orchestrer ce défilé participatif, mis en musique par Louise Wetterwald, que le public est bien sûr chaleureusement invité à suivre.
À l’instar de la saison du TJP, la programmation de ces Micro Giboulées 2026 va mêler les disciplines, à l’image des arts du clown en début de festival avec Mange-Nuit. Nolwenn Peterschmitt créera avec son Groupe Crisis cette pièce en solo, interprétant Sissy Vorace, clownesse qui entraîne le public dans ses aventures, laissant derrière elle le bruit et la fureur de ses espoirs et désirs.
Dans ses spectacles, le Groupe Crisis mélange théâtre, performance et danse. Et de danse il sera également question à deux reprises avec la directrice du TJP Kaori Ito. Elle présentera tout d’abord deux solos dans le programme Battle Mon Cœur #4. La chorégraphe poursuit ses “autobiographies dansées” avec deux nouvelles interprètes, ici Léonore Zurflüh et Ashley Biscette qui vont tout d’abord se confier à nous chacune à leur façon dans des solos, avant d’entamer un dialogue dansé l’une et l’autre. En guise de final, elles inviteront le public à les rejoindre lors d’un bal qui rimera avec convivial. Kaori Ito orchestrera également la fête de clôture 2026 des Micro Giboulées le 14 mars. Madame TJP vous conviera à la suivre entre cultures japonaise et française. Emmitouflée sous plusieurs costumes, elle dévoilera peu à peu ses différentes facettes.
Volmir Cordeiro, avec Métropole, nous entraînera quant à lui dans l’univers de l’opéra. Mais un art lyrique délirant, une transe opératique dans laquelle le chorégraphe abordera les trois notions de terreur, révolte et stupidité, qui sont des caractéristiques des grandes métropoles selon lui, évoquant notamment le Brésil de Bolsonaro, une terreur contre laquelle il faut lutter à travers l’art notamment. Aux côtés du batteur Philippe Foch qui marque le grondement contemporain, Volmir Cordeiro se débat avec différentes couches de costumes pour incarner la libération progressive d’un personnage, passant d’être asservi (par un pouvoir oppresseur ou les nouvelles technologies) à citoyen libre. Le corps de l’artiste peut ainsi devenir le lieu de la transgression, comme avec People Will People You de Steven Cohen. Le chorégraphe et plasticien souhaite ménager dans sa dernière création en date “un échange inédit, un dialogue direct avec le public”, confie-t-il. Pour la première fois, il prend véritablement la parole “comme moyen d’exister et de résister”, dit-il encore. Cette parole, il la fait circuler entre le public et lui, aménageant un espace “où l’art et la vie se confondent”. Aux Micro Giboulées, les parenthèses Par court reviendront enfin avec trois nouveaux artistes, invités une fois encore à présenter des formes courtes et échanger avec le public. Des disciplines diverses (Drag, cirque, magie nouvelle, marionnettes), pour évoquer notamment les identité(s) et les normes sociales.
– Marc Vincent –
Micro Giboulées, Strasbourg, TJP, du 8 au 14 mars
tjp-strasbourg.com


