Musique

Rock Altitude 2018 – Seasick Steve

Ayant passé avec brio le cap des 10 ans, le festival Rock Altitude certes petit par sa taille (une capacité d’environ 2500 spectateurs par jour…), se permet néanmoins de rivaliser désormais avec les géants du milieu en proposant en tête d’affiche des artistes internationaux renommés, à l’image ce soir du bluesman Seasick Steve.

Seasick Steve

Seasick Steve – Photo : Johan Perrin

Quoi de mieux en cette fraiche soirée d’été, que de venir se réchauffer et de groover aux sonorités blues, folk, bluegrass animées par ce personnage atypique qu’est Steve Gene Wold alias Seasick Steve. Son parcours lui aussi est atypique puisque le bonhomme bien qu’ayant toujours baigné dans le milieu musical en étant d’abord proche de divers groupes des années 60, en particulier de Janis Joplin, ce qui lui permettra de voyager jusqu’en Europe. De là il fondera par la suite une famille en Norvège (où lui sera attribué son surnom Seasick Steve puisque celui-ci ne supportait pas les voyages en bateau…), avant de revenir aux États-Unis du côté de Seattle dans les années 90, devenant producteur et musicien de studio. Ce qui l’amènera à fréquenter la scène grunge de l’époque et notamment un certain Kurt Cobain avec qui il se liera d’amitié. Bien qu’ayant tenté quelques expériences musicales en groupe, c’est en solo que le vieux bluesman va connaître le succès avec la parution d’un premier opus Dog House Music, ce qui attirera l’oreille et le regard d’un certain Jack White avec qui il collaborera pour deux albums, lui permettant une visibilité et une reconnaissance internationales. Bien que n’ayant connu le succès qu’après 65 ans, cela n’empêche pas ce grand barbu d’offrir des prestations incroyables.

Seasick Steve

Seasick Steve

Ce soir ne dérogera pas à la règle. Il est un peu plus de 22h, lorsque Seasick Steve, casquette John Deer vissée sur la tête, entre en scène suivi de son fidèle batteur Dan Magnusson et d’un nouveau musicien officiant à la guitare et à la basse. Le trio démarre sur les chapeaux de roues avec le blues crasseux de Don’t Know Why She Love Me But She Do. Le ton est donné. Steve malgré son grand âge (77 ans tout de même…) ne s’économise pas et à grands coups de bottlenecks, martyrise ses guitares customisées par ses soins avec le désormais culte Summertime Boy, soutenu par sa rythmique débordante d’énergie. Le public bien que peu démonstratif (selon Steve…), est d’ores et déjà sous le charme, en particulier lorsque celui-ci viendra choisir une jeune fille dans les premiers rangs afin de lui jouer sur scène la traditionnelle love song Walkin’ Man… Le trio alterne entre ballades bluegrass intimistes (Last Rodeo) et blues endiablé (Barracuda’ 68) tout en nous présentant des titres du prochain opus Can U Cook ? prévu pour septembre prochain, et en n’oubliant pas bien sûr de bien s’hydrater… Le titre Thunderbird précédé du laïus œnologique prouve que le bon vieux Steve maitrise d’ailleurs bien le sujet en matière de culture viticole. C’est sur cette note positive que le trio viendra saluer le public visiblement conquis par la prestation, avant que le bonhomme ne nous fasse un ultime cadeau, à savoir une splendide reprise de Dick Holler Abraham, Martin And John, interprétée ici en solo par Steve et sa guitare acoustique. De quoi conclure la soirée de façon très intimiste, nous laissant aller rêveurs jusqu’à notre prochaine rencontre avec ce musicien qui n’a décidément pas fini de nous surprendre du haut de ses 77 ans.

Johan Perrin

 

 

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