La scène nationale du Pays de Montbéliard vous donne rendez-vous les 4 et 5 octobre pour un grand week-end qui sonnera le début de sa nouvelle saison. L’heure pour MA de déployer une nouvelle programmation entre théâtre, danse, cirque et musique, avec une belle place également ménagée au jeune public, sans oublier le volet Arts sonores, une spécificité de la scène nationale dirigée par Yannick Marzin.
On aura un petit aperçu, les 4 et 5 octobre, de quelques domaines d’intervention de la scène nationale sur le territoire. Il y aura tout d’abord sa formation associée, l’Orchestre Victor Hugo le 4 octobre lors des Ouvertures musicales !, et que l’on retrouvera à plusieurs reprises durant la saison sous la baguette de Jean-François Verdier. Le soir après les interventions dans la ville, l’orchestre donnera la Symphonie n°5 de Chostakovitch au Théâtre, ainsi qu’une pièce d’un compositeur d’aujourd’hui, Régis Campo. Ce samedi 4 octobre toujours, la metteuse en scène Juliette Steiner et la marionnettiste Kaori Ito donneront Moé Moé Boum Boum aux Bains Douches, pour présenter aux enfants dès 18 mois deux étranges créatures, mi-humaines mi-Yōkais, êtres surnaturels dans la tradition japonaise.
Du côté des arts sonores, direction le Musée de L’Aventure Peugeot à Sochaux pour se mettre entre les oreilles Le projet 205 : Road Trip Sonore à bord d’une auto sacrée. Le Sacré Numéro de la marque au lion dont s’est emparé Thomas Guillaud-Bataille. En montant dans l’une de ces voitures mythiques, le public pourra écouter en immersion une pièce sonore évoquant l’univers lié à la « deux-cinq » (de l’usine à l’heureux possesseur d’une 205 devenue aujourd’hui pièce de collection). Le volet arts sonores sera encore étoffé cette saison à MA avec notamment la venue en février d’Israel Galván, le chorégraphe évoluant ici pour la première fois dans le champ de la création sonore avec GÉANT GALVÁN, titre majuscule pour la première création d’une série d’œuvres binaurales dont nous vous reparlerons. Quant aux concerts de MA, ils nous transporteront dans différents univers : les sonorités arabo-andalouses avec la chanteuse et violoncelliste franco-algérienne Nesrine le 16 octobre, ou encore dans les musiques pop, jazz et baroques, revisitées par exemple à travers la mandoline de l’Américain Chris Thile le 14 novembre.
Les cultures ibériques (l’une des marques de fabrique de MA) seront une fois encore représentées, notamment à travers Lâs Alegrías, les joies en espagnol, sentiment que deux artistes vont explorer sur scène en novembre, à grand renfort de chant et de danse, partant du flamenco pour l’emmener ailleurs (jusqu’au punk, à en croire MA !). En mars, Guillermo Cacace se penchera sur La Mouette (Gaviota), les interprètes autour d’une table (et le public autour d’eux) au plus près du texte de Tchekhov. De la péninsule ibérique, il y aura aussi le Portugal et son fado, auquel rendra hommage le duo Jonas&Lander, mettant en lumière sa dimension chorégraphique, moins connue que le chant. La programmation de MA puisera aussi ailleurs dans le monde. On pourra visiter l’Afrique avec Salia Sanou, de retour à MA le 4 novembre avec De fugues… en suites…, où le chorégraphe burkinabé croisera rythmes africains et musique baroque. Du Québec, le Cirque Éloize fera son grand retour également en réactivant l’une de ses pièces phares, avec la complicité du chorégraphe hip-hop Mourad Merzouki sur fond de projections visuelles le 2 décembre.
L’art dramatique prendra cette saison différents visages, scénographie épurée pour débusquer le merveilleux jusque dans notre quotidien (La magnificité le 10 octobre), ou vie des séniors aujourd’hui décriptée (La vie secrète des vieux par Mohamed El Khatib). En janvier, Vincent Dedienne sera seul en scène pour interpréter des extraits du journal du dramaturge Jean-Luc Lagarce, originaire d’Héricourt, et dont on commémore cette année les trente ans de la disparition. Toujours en matière de répertoire contemporain, Clôture de l’amour sur un texte de Pascal Rambert, retrouvera le plateau pour explorer la relation de couple en compagnie d’Audrey Bonnet et Stanislas Nordey. Le théâtre explorera aussi nos travers et nos failles à l’image de Thomas Quillardet portant sur la scène les mots de patients et de soignants d’un service d’addictologie (En addicto en avril).
– Dominique Demangeot –