Après une présentation de saison qui se tiendra le 12 septembre, L’Arc vous donne rendez-vous le 4 octobre pour un premier envol, entre France et Iran, en compagnie de Mina Karvani que l’on retrouvera à deux reprises au Creusot.
C’est avec sa pièce I’m deranged, que la comédienne inaugurera la saison de L’Arc. Par ailleurs autrice et metteuse en scène, elle évoque seule au plateau son expérience de l’exil. Un voyage vers la France, à Paris, pour l’artiste qui a dû fuir l’Iran, menacée après avoir joué nue dans un film. Si Mina Karvani affirme trouver sa liberté dans l’art, I’m deranged traite des difficultés à se sentir chez elle, tant en Iran qu’en France. On retrouvera la comédienne en mars avec Ma maison est noire, hommage à la poétesse persane Forough Farrokhzad.
Par moments, la saison de L’Arc va se déployer aussi hors ses murs, comme lors des incontournables rendez-vous de L’Arc en vadrouille du 28 octobre au 9 novembre. Au programme, des échappées sur le territoire, l’art en ruralité entre prouesses circassiennes, théâtre, musique bricolée… Des propositions évoquant tour à tour l’adolescence, les relations humaines… Du “cousumain” pour reprendre le titre du spectacle de Jeanne Mordoj, à retrouver dans les salles des fêtes, une entreprise, une bibliothèque, un lycée ou un Ehpad… Avant cela, le public sera invité à se confronter au Paradoxe de Georges, du 15 au 17 octobre, et à monter dans un « camion-théâtre » au Creusot. Le théâtre se mêle à la magie avec Yann Frisch, qui manipule aussi agilement ses cartes à jouer… que nos cerveaux. L’art dramatique tiendra une grande place cette année au Creusot, avec des propositions allant de l’absurde (Rhinocéros de Ionesco en novembre) à une adaptation très moderne des Trois contes de Charles Perrault par le Groupe Merci en mai prochain. Certaines des pièces croiseront quelques grands sujets de société actuels (la fin de vie avec Exit en décembre, ou encore les relations de couple avec Le chœur des amants de Tiago Rodrigues en janvier).
La saison de L’Arc, ce sont aussi des concerts, et un chapitre musical inauguré le 15 novembre avec Birds On A Wire, rencontre des univers de la chanteuse Rosemary Standley (Moriarty) et de la violoncelliste Dom La Nena, rejointes pour l’occasion par Étienne Saglio. En mars l’Ensemble Masques se consacrera à Jean-Philippe Rameau et son Pygmalion pour un moment de musique baroque, et en mai un fidèle de L’Arc, Nicolas Chaigneau, danseur, chorégraphe mais aussi chanteur, donnera son Récital Sans Méduses, création 2026, concert où il souhaite instaurer “un équilibre entre la musique et des séquences plus théâtrales”.
Les arts chorégraphiques trouveront aussi un lieu propice à leur déploiement à L’Arc avec plusieurs rendez-vous durant la saison. On croisera notamment par deux fois Romain Bertet à la scène nationale, tout d’abord dans le cadre de L’Arc en vadrouille le 9 novembre avec Nous sommes…, création participative au plus près des habitants, puis le 27 novembre avec De là-bas. Les compagnies de danse pourront venir de loin, même de San Francisco (Alonzo King LINES Ballet) ou de la région avec Wakan – Un souffle de la Compagnie Pernette. Six interprètes y portent une « prière dansée », élévation du corps et de l’esprit, « espace spirituel, dont le principal moteur sera le mouvement dansé », explique Nathalie Pernette. Une autre façon de voyager, à travers l’introspection cette fois.
– Paul Sobrin –
larcscenenationale.fr