Éric Meyer, Aude Massot – Robinson à Pékin

BANDE DESSINÉE

Urban Graphic

Éric Meyer a passé de nombreuses années en Chine en tant que correspondant, premier pigiste français à être accepté dans le pays (ce dont il n’est pas peu fier !). Arrivé à Pékin le 5 septembre 1987, le journaliste raconte, à travers un très beau roman graphique, ses deux premières années de vie dans l’Empire du Milieu en compagnie de son épouse Brigitte. Dépaysement assuré.

Eric Meyer, Aude Massot - Robinson à Pékin - Urban Graphic - Chronique de la bande dessinée par le magazine Diversions

On peut aisément comprendre le choc culturel qu’a subi Éric Meyer, auparavant pigiste pour la presse quotidienne régionale. Après avoir végété dix ans à la Commission Européenne, le journaliste a eu envie de changement, et il a été servi ! À Pékin, il tiendra à conserver son statut d’électron libre, écrivant pour des médias aussi divers que les Dernières Nouvelles d’Alsace, le Soir, Ouest France, mais aussi des radios comme France Culture, France Inter, la RTBF… En 2005, il compilait dans un livre publié chez Robert Laffont un recueil de chroniques sur son expérience chinoise. C’est aujourd’hui accompagné des illustrations d’Aude Massot qu’Éric Meyer relate sa vie en Chine, où il a vécu plus de trente ans (il est revenu vivre en France en 2019). Robinson à Pékin propose une immersion complète dans le pays. Le journaliste a pris le temps de s’intégrer à la Chine, pour observer au plus près le pays, débarrassé des clichés occidentaux, et en comprendre les us et coutumes. D’immersion, il en fut également question pour Aude Massot qui relate en fin d’album son séjour en Chine, invitée par Éric Meyer. L’illustratrice nous offre à son tour quelques instantanés de la Chine moderne, et la concision de son trait, ses couleurs douces, sont au diapason de la synthèse opérée par Éric Meyer.

Robinson à Pékin vaut tout d’abord par l’accès privilégié offert au lecteur, une plongée dans le quotidien des Chinois. Du marché noir aux tickets de rationnement, en passant par l’espionnage (grande tradition chinoise !), le journaliste nous offre quelques clés pour comprendre la Chine de la fin du XXe siècle. Et il faut parfois prendre des chemins détournés pour glaner une information valable, comme lorsqu’un repas improvisé « dans une cantine sans prétention », lui en apprend finalement davantage sur les conditions de travail du peuple, qu’un rendez-vous officiel planifié dans une broderie artisanale. Éric Meyer sait rester philosophe, et avec un minimum de débrouille il parvient, en compagnie de son épouse, à venir à bout des petites tracasseries quotidiennes d’un Français nouvellement arrivé en Chine. La bande dessinée propose ainsi un ton plutôt enjoué, même si le ciel s’assombrit nécessairement lorsqu’arrive l’année 1989 et les événements sanglants de Tian An Men, le pays passant brusquement « de la ferveur au désespoir ». Vient alors le temps des dénonciations, des emprisonnements, la répression chinoise dans toute sa splendeur. Éric Meyer, lui, poursuit son travail de journaliste et met un point d’honneur à témoigner, gardant son optimisme (l’arrivée d’un enfant n’y est probablement pas étrangère). D’autres tomes sont déjà annoncés pour découvrir la suite des tribulations d’Eric Meyer, cette « merveilleuse aventure chinoise ».

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