L’ABC fêtera cet automne huit décennies de promotion de la culture auprès d’un large public. Le programme détaillé des festivités sera publié prochainement, mais l’association annonce d’ores et déjà un temps fort le 27 septembre avec une fête d’anniversaire costumée !
Cette saison encore le premier spectacle, le 9 octobre, sera couplé avec un colloque la veille autour du travail. La cie Si Et Seulement Si présentera Petites mains, autour de celles et ceux que l’on appelle communément les cols bleus, et de leurs conditions de travail durant les Trente Glorieuses, jusqu’à nos jours. Le colloque L’Histoire en jeu du 8 octobre mettra en perspective la pièce à l’aune de recherches universitaires sur la mémoire ouvrière et l’histoire de la production industrielle. Ces histoires de travail nous emmèneront aussi en Chine et au Japon, et l’on va justement pas mal voyager cette saison à l’ABC !
Avec Laurie Cannac, on découvrira en octobre l’art de la marionnette de corps (sa spécialité) se mêlant dans Histoires invisibles à la culture traditionnelle du Bangladesh. Le voyage s’incarnera aussi dans Marjan, le dernier lion d’Afghanistan, en décembre dans le cadre des Nuits d’Orient et d’ailleurs, jusqu’au Maroc en mars avec le chanteur et compositeur Walid Ben Selim qui dans Here and Now rendra hommage à la poésie soufie. Des créations pour s’évader dans d’autres cultures, mais aussi pour évoquer nos quotidiens, comme avec Pataquès de la cie Idem Collectif autour du deuil en novembre (mais à grand renfort de burlesque aussi). En janvier, c’est également la vie de nos ados qui sera abordée dans Ce que je veux dire. Bérangère Vantusso travaillera en mars à partir de la matière céramique pour adapter une pièce peu connue d’Eugène Ionesco, Rhinocéros. “Le seul regard que je peux porter aujourd’hui sur le monde tel qu’il va mal passe par l’absurde, le dérèglement, la destruction”, souligne la metteuse en scène. Quelle que soit la forme (à l’image de l’étonnant cocktail de chorégraphie et de gestes footballistiques élaboré dans GOAL par Héla Fattoumi et Éric Lamoureux), les artistes ont “de bonnes raisons” d’évoquer le monde autour d’eux. Parfois, ils nous parlent même de leur propre univers, celui de la création, et du cirque en particulier avec La Volte. “De bonnes raisons met en scène deux acrobates qui philosophent joyeusement sur leur rapport au risque”, explique la compagnie à propos de sa pièce à voir en avril prochain dans le cadre du festival Prise de CirQ’.
– Paul Sobrin –