Dijon – La bande originale de nos vies au Théâtre Dijon Bourgogne

Après La Mécanique des émotions, déjà présenté au TDB, Eugénie Ravon et Kevin Keiss poursuivent leur collaboration et travaillent une fois encore autour de la dimension affective de l’être humain. Et quoi de plus efficace qu’une simple petite chanson pour réveiller notre mémoire, raviver nos souvenirs ? La musique, un phénomène à la fois intime et fédérateur, personnel et collectif. Cinq femmes de différentes générations, entre trente et soixante-dix ans, venues d’horizons divers, nous dévoilent des épisodes de leurs vies en les chantant.

Pour Eugénie Ravon, qui met en scène la pièce, la mort de son premier amour, du haut de ses 14 ans, sera à jamais liée au tube de Céline Dion, All by myself. La musique et les paroles sont gravées dans sa mémoire comme cette date fatidique : le 14 juillet 1998. D’autant plus fatidique que deux jours plus tôt, la France battait le Brésil trois buts à zéro et devenait championne du monde. “Nous avons tous.tes des hymnes intimes, des madeleines de Proust sonores qui résonnent immédiatement avec une époque”, explique Eugénie Ravon. Des chansons qui riment avec jalons, des balises dans nos existences. “La vie n’est pas ce qu’on a vécu mais ce dont on se souvient comme le disait Federico Garcia Lorca.” Avec Kevin Keiss, Eugénie Ravon se penche donc à nouveau sur le souvenir. La bande originale de nos vies convoque tout un patrimoine musical, et l’auteur et la metteuse en scène nourrissent “l’envie puissante de sauver ce patrimoine sonore invisible du néant et de l’oubli.”

Photo : Axelle de Russé

 

Une nouvelle création qui (re)donne du sens aux chansons (ainsi qu’aux musiques de films) parfois considérées comme art mineur, selon la célèbre formule de Gainsbourg. La playlist de nos vies “nous renseigne beaucoup sur notre sociologie et sur notre histoire”, ajoute Eugénie Ravon. Musique classique, rock, ou reggae, peu importe finalement, lorsqu’il s’agit de rejouer en esprit (ou en l’occurrence ici sur un plateau de théâtre), les scènes de nos vies. “Nous avons à cœur à travers une distribution entièrement féminine : cinq interprètes / musiciennes / chanteuses de raconter aussi la ligne de tension entre le féminin et l’histoire musicale en général et celle des musiques de films en particulier.”

Théâtre et musique vont donc s’entrecroiser sur scène, mais aussi les langages, arabe, russe et français, pour porter les récits intimes des personnages, leurs histoires avec la grande Histoire en arrière-plan. Kevin Keiss explique que la musique nous accompagne à chaque moment de nos vies : berceuses, chansons apprises à l’école, chants revendicatifs dans les manifestations, « tubes générationnels”« Elles ont le pouvoir d’abolir le temps, de le déformer… de faire se côtoyer différentes strates, différentes époques de nos vies.” Chaque vie peut donc s’apparenter à une bande originale, et ce sont plusieurs de ces BO, plusieurs existences qui vont se côtoyer sur scène, se rejoignant à certains moments, s’éloignant à d’autres, pour dévoiler au final “le visage sensible de la France d’aujourd’hui que nous souhaitons dessiner avec émotion et humour”, comme le propose encore l’auteur.

– Dominique Demangeot –

La bande originale de nos vies, Théâtre Dijon Bourgogne, du 29 janvier au 6 février
tdb-cdn.com

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