Dijon – Bugging à L’Opéra de Dijon

À l’occasion du festival Art Danse, la pièce d’Étienne Rochefort, Bugging, passera par l’auditOrium de l’Opéra de Dijon. Variation sur notre époque troublée, Bugging se nourrit de différents courants des danses urbaines. Danses-réactions face à une société qui dévisse.

Photo : Yves Petit

La création de la Cie 1 des Si est une pièce pour neuf interprètes et un musicien, Mondkopf. « Un artiste qui tourne dans le monde entier, avec lequel j’avais envie de travailler », explique Étienne Rochefort. « J’en parle parce que c’est vraiment une partie importante du spectacle, et aussi avec Olivier Bauer qui est créateur lumière. » C’est la synergie entre ces trois univers (danse, musique et lumière) que le chorégraphe tente de ménager dans Bugging et dans son travail de manière générale. D’univers, il est particulièrement question ici, puisqu’autour de la pièce chorégraphique en elle-même, on trouve aussi des courts-métrages, des films, une web-série tournant autour du même sujet: « le monde dans lequel on vit, qui pour moi est un monde qui arrive un peu à saturation, qui se complexifie », explique encore le fondateur de la cie 1 des Si. « On a construit beaucoup de choses, et j’ai l’impression que ça nous échappe, ça commence à bugger ». D’où le titre de la pièce qui veut retranscrire la fièvre de notre époque.

En juin 2022, Le Dancing avait programmé Prequel, aux Grésilles à Dijon, petite forme dérivée de Bugging


« Les corps sont peut-être en train de nous alerter par nos spasmes, par nos névroses, par nos tics et j’ai un peu construit, avec l’aide de toute l’équipe, une sorte de fiction autour de tout ça. » Les interprètes viennent des danses urbaines et de l’underground, des battles. « Et à un très haut niveau », précise Étienne Rochefort, « ils font ça dans le monde entier ». Sylvain lui, vient de la danse hip-hop, en mode freestyle, tandis que Yanis pratique plutôt le voguing. D’autres viennent du crump et autres disciplines urbaines aux énergies syncopées, « comme si le bug existait déjà dans chacune d’entre elles.» Le chorégraphe nous rappelle aussi que chacune de ces disciplines possède une origine sociétale : violence dans les quartiers, manque de tolérance, homophobie, transphobie pour le voguing… « Cela c’est déjà des bugs pour moi, des bug sociaux, à un moment donné les humains ne s’entendent plus sur quelque chose et il y a des courants qui émergent. » L’art, et ici la danse en particulier, peut cependant permettre de faire apparaître du positif dans tout cela, susciter les rencontres et le dialogue.

– Dominique Demangeot –
 

Bugging, Opéra de Dijon, auditOrium, 3 avril à 20h
www.ledancing.com/spectacles/bugging
 
https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-23-24/bugging/

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