Musique

Chalon-sur-Saône – Borja Flames le 14 février à La Péniche

LaPéniche de Chalon-sur-Saône a la bonne idée d’inviter cet hiver Borja Flames, musicien espagnol résidant aujourd’hui à Paris et qui a l’habitude de nous emmener sur des chemins de traverse. En octobre dernier, il donnait naissance avec trois comparses à un nouvel album, Rojo Vivo, publié par Les Disques du Festival Permanent, label défricheur du violoncelliste Gaspar Claus.

Borja Flames en concert à La PénicheDès les premières secondes, l’ouverture d’Aquiles déconcerte et intrigue avec sa mélopée répétitive, sur laquelle Borja déclame d’une voix blanche une énumération évoquant tour à tour la crise économique, les frontières, les catastrophes naturelles… Si les messages ne sont pas absents des textes de Borja Flames, nul besoin de parler la langue de Cervantes pour entrer confortablement dans son univers artistique. On retrouve ici sa complice musicale Marion, percussionniste et claviériste – ils officient également tous deux au sein du duo June & Jim -, cette dernière l’accompagnant à travers ses déambulations musicales, car l’on peut bien parler de déambulations ici, avec cette musique frappée du sceau de l’expérimentation, se démarquant clairement des standards de la pop et même de l’électro traditionnelles. Rojo Vivo mise sur le tout électronique, une identité synthétique bien affirmée qui tire son essence de collages sonores, et de l’utilisation de claviers et de boîtes à rythmes. En bon chaman sonore qu’il est, Borja Flames scande davantage qu’il ne chante, cherchant sa voie(x), s’amusant des rythmiques et des mots, des sonorités aussi.

La matière première de l’artiste ? Des boucles électroniques qu’il assemble et enchaîne jusqu’à installer de courtes transes sonores, une densité orchestrée avec minutie, qui tire aussi sa richesse de précédentes expériences dans les domaines du rock, de la chanson, de la musique improvisée. Avec Nacer Blanco en 2016, Borja décrassait une première fois nos oreilles, sur un mode moins électronique cependant. Un premier album contenant déjà de petits laboratoires ethno-pop, qui n’allaient sûrement pas laisser leurs auditeurs indifférents, collision entre technologies électroniques et folklore d’Espagne et d’Amérique latine aux rythmiques aventureuses. Un art de la fugue – pour reprendre le titre d’ouverture de Nacer Blanco – parfaitement maîtrisé. Car pour divaguer en roue libre, il faut tout de même savoir où l’on va. Dissonances, brisures de rythmes, (dis)harmonies sonores et vocales sont au menu des deux albums de Borja Flames, à découvrir en live à LaPéniche.

– Manu Gilles –

Borja Flames, LaPéniche, Chalon-sur-Saône, 14 février à 19h30
http://www.lapeniche.org/agenda/785/borja-flames

 

borja flames, chalon sur saone, LaPeniche

Powered by WordPress. Designed by Woo Themes

WordPress SEO fine-tune by Meta SEO Pack from Poradnik Webmastera