Bjørn Berge – Heavy Gauge

BLUES

Blue Mood Records / PIAS

Le Norvégien et sa fidèle douze cordes sont de retour dans les bacs. Bjørn Berge dégaine Heavy Gauge, titre qui fait référence à la taille des cordes d’une guitare. On imagine les siennes épaisses et bien montées (n’y voyez là nulle allusion graveleuse). Mais il faut bien avouer que se produisant seul sur scène, le musicien a l’art de ranimer dans le public des instincts primaires et qui nous rassurent en ces temps hygiénistes. Un blues en prise direct avec le corps et ses sensations.

Bjørn Berge - Heavy Gauge - Chronique album

Le blues de Bjørn Berge ne vient pas d’un sud des États-Unis écrasé par le soleil. Il faut trouver son origine dans les terres gelées d’Europe du Nord, dans un paysage froid et hostile. Le one man band dont le patronyme sonnerait presque comme celui d’un tennisman, ne distribue cependant pas les coups droits et les revers, mais de solides shuffles et quelques solos bien sentis. Les douze cordes de sa guitare épaississant encore davantage un son dense et brut de décoffrage. Tout juste Berge s’autorise-t-il quelques overdubs de voix (I Got It Made), une pédale wah-wah comme sur A Matter Of Time ou encore Coliseum (le musicien empoignant pour l’occasion une six cordes). Berge joue presque comme en live, et c’est l’acoustique qui domine sur Heavy Gauge. Si quelquefois le bonhomme lève le pied comme sur ce sombre Bound To Ramble où l’on apprécie son chant tout en nuance, Heavy Gauge laisse rarement du répit à l’auditeur.

Berge s’éloigne parfois des rives du blues pour aller ailleurs, comme sur le tonitruant Rip Off qui sonnerait presque comme un bon funk canaille, la bonne surprise de cet album. Juste après, Straydog revient sur un chemin plus traditionnel. Et cette slide faisant frémir les cordes, ça ne se refuse pas… Mais The Wrangler Man qui ouvre l’album propose un refrain un peu plus pop aux entournures, Alone Again sonne plus rock. Le musicien est à la fois un puriste du blues mais s’autorise aussi, grâce à une technique parfaite, des digressions qui cassent le rythme. La batterie, si elle est parfois présente comme sur A Matter Of Time, s’efface souvent pour laisser la place aux bottes du musicien qui marquent tout aussi bien le tempo. Quant au dernier titre, Bottle Floats, il nous présente une fois encore un musicien en parfaite maîtrise de ses deux instruments fétiches : guitare et voix, sur ce titre qui a la rugosité des meilleurs titres de Tom Waits. Le blues scandinave du musicien tire en effet également son intensité d’une voix d’outre-tombe, qui s’en va chercher des basses bien profondes. Du lourd.

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