Musique

Besançon – Les 2 Scènes – Saison 2019-2020

Opéra, danse, cirque, jazz ou musique symphonique, expérimentale… La Scène nationale de Besançon poursuit son exploration des scènes contemporaines, toutes disciplines confondues. Exploration n’est pas un vain mot puisque l’on voyagera cette saison de l’Arctique à l’Amazonie, du XIIe siècle d’Hildegarde von Bingen (Symphonia Harmoniae Caelestium Revelationum) à notre futur proche (la cybernétique dans Uncanny Valley). Toute une saison à découvrir entre le Théâtre Ledoux à Besançon, qui vient d’être rénové, l’Espace à Planoise ainsi que le cinéma (Espace et Kursaal).

Intumus Stimulus démarrera la saison 19-20 des 2 Scènes dans la cour de la Médiqthèque Pierre Bayle cet automne – Photo : Philippe Laurenço

Le début de la saison prendra place, comme cela s’est déjà fait par le passé, dans la cour de la Médiathèque Pierre Bayle. Le public sera accueilli par un artiste finlandais, Jani Nuutinen, qui avec Intumus Stimulus proposera un spectacle de magie mentale. Nos sens seront remis en question, sous un mini-chapiteau où intimité et proximité seront les maîtres-mots. On retrouvera bien sûr le cirque dans des échelles plus traditionnelles, dès novembre avec Optraken du Galactik Ensemble, ou comment cinq acrobates font face au surgissement de l’imprévu, de l’accident. En avril 2020, Laurence Boitel se penchera elle aussi sur le concept de la chute, avec 5es Hurlants, en référence aux vents maritimes violents, l’artiste acrobate se dépassant pour affronter les éléments – ou plutôt, ici la gravité ! -.

Cette année encore, Les 2 Scènes privilégient la création. Presque la moitié des spectacles cette saison sont des créations à découvrir sur les plateaux des 2 Scènes à Besançon. « On a accompagné les artistes dans leur processus de travail », explique Anne Tanguy, directrice des 2 Scènes. Citons notamment ici Full Circle, par la compagnie Une bonne masse solaire, inscrit dans le cadre du dispositif de soutien aux artistes de la Ville de Besançon, Emergences. Kaspar Tainturier-Fink mêle les disciplines, musique et théâtre, arts plastiques, performance. « Ça commence par la forêt, là où la forêt commence. Mais la forêt ne commence pas : elle pousse, par le milieu », explique la compagnie. « Tout comme le cercle que nous tentons de dessiner, ensemble : un croisement de regards, de paroles et de pratiques, une tentative sans cesse recommencée ». Notons que ce spectacle fait partie du cycle « Anthropocène », qui se compose de six spectacles, d’une installation, de cinéma, d’ateliers… Ce cycle, qui se déroulera sur plusieurs saisons, possède une forte connotation écologique et traite de la transformation que l’homme impose à son environnement. « Ces artistes nous permettent de faire le pas de côté nécessaire. Souvent ils nous donnent un regard assez poétique et nous interrogent aussi sur la relation culture et nature », souligne Anne Tanguy.

Fix Me du 1er au 3 octobre – Photo : Agathe Poupeney

La transdisciplinarité, que l’on rencontre de plus en plus sur les scènes, sera également représentée du 1er au 3 octobre avec Fix Me, née de la collaboration entre le compositeur Arnaud Rebotini – César de la meilleure bande originale pour 120 battements par minute – et le chorégraphe Alban Richard. Musique et théâtre chemineront également ensemble avec Yes ! Les 13 et 14 novembre. Les Brigands, que le public des 2 Scènes connaît bien, sera de retour avec cette pièce de Maurice Yvain composée en 1928, entre jazz, comédie musicale… et opérette ! Citons encore Narcisse et Echo inspiré d’Ovide en avril prochain, de David Marton, « metteur en scène et musicien hongrois », explique Anne Tanguy, « monté en quelques années comme un prodige de la mise en scène d’opéra ». Dans cette toute nouvelle création, David Marton évoque, entre jazz et musique improvisée, un fait terriblement d’actualité : le syndrome de Narcisse, mal moderne qui touche les jeunes, habitués à jouer de leur image sur les réseaux sociaux. Quand Ovide anticipait l’ère des selfies !
Plusieurs collaborations seront une fois encore menées cette année avec des structures locales, « des spectacles qu’on imagine en partage ou déplacés géographiquement », souligne la directrice des 2 Scènes, à l’image de rendez-vous en partenariat avec le Centre Dramatique National Besançon Franche-Comté – Après coups, projet un-femme en février -, ou encore le Frac Franche-Comté. « On va installer des propositions artistiques au Musée des beaux-arts, dans la cour de la médiathèque, dans les écoles, également dans l’agglomération de Besançon ». Au Musée des beaux-arts, on pourra découvrir en avril prochain Nipi de Philippe Le Goff, installation sonore et visuelle inspirée de scènes filmées dans l’Arctique, chez les Inuits. On retrouve ici une question qui sera régulièrement évoquée cette saison aux 2 Scènes, la question de l’autochtone et des zones à défendre, dans le cadre du cycle Anthropocène. On voyagera aussi à travers la collaboration entre la scène nationale et l’Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, formation associée aux 2 Scènes, qui croisera comme il en a l’habitude les répertoires et les époques, et ce dès le 10 octobre en conviant sur scène le saxophoniste de jazz Sylvain Rifflet. Tout ce petit monde revisitera l’album mythique de Stan Getz, Focus.

Dominique Demangeot

www.les2scenes.fr

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