Besançon – Célia Houdart en résidence au Frac Franche-Comté

A l’occasion des dix ans de l’installation du Frac Franche-Comté à la Cité des Arts, un ouvrage sera édité en 2023. La directrice du fonds régional, Sylvie Zavatta, demandera à des auteurs et des autrices d’écrire sur les dix saisons qu’aura passées le Frac dans les murs de la Cité des Arts. Une aventure au long cours, qui débute ces jours-ci avec une première résidence de Célia Houdart au Frac Franche-Comté. On pourra la retrouver le 21 juillet en extérieur, à 19h, dans le Passage des Arts. Elle y présentera, en collaboration avec la librairie Les Sandales d’Empédocle, son dernier ouvrage en date Le Scribe, qui n’est pas sans rapport avec l’une des pièces sur lesquelles Célia va écrire en particulier, La Chaise de Pondichéry.

Célia Houdart en résidence d'écriture au Frac Franche-Comté

Célia Houdart – Photo : Hélène Bamberger

Célia Houdart n’est pas étrangère au monde de l’art contemporain, ayant notamment collaboré avec Sébastien Roux et Olivier Vadrot sur le projet Précisions sur les vagues #2, adaptation théâtrale de Précisions sur les vagues, de Marie Darrieussecq (P.O.L., 1999). Il s’agissait d’une installation où les mots de Marie Darrieussecq étaient dits par une comédienne, sur une bande son conçue par Sébastien Roux, le tout circonscrit dans “un théâtre de poche, un kiosque à musique, ou un studio radiophonique, conçu par Olivier Vadrot”, comme l’écrit Célia Houdart. Le public du Frac Franche-Comté avait déjà eu l’occasion de rencontrer Olivier Vadrot lors de l’exposition Minimo en 2018. C’est également à lui que l’on doit l’accueil-librairie Studiolo à l’entrée du Frac.

Célia n’est donc pas en terrain totalement inconnu à l’occasion de cette résidence d’écriture, dont l’invitation, par Sylvie Zavatta, était très ouverte. “J’ai eu le choix de l’année et du format : préface, œuvre de fiction, récit…”, nous explique-t-elle. La résidence constitue un beau moment de découverte pour Célia qui a étudié de près les catalogues d’expositions, et a pu également accéder à la réserve. L’autrice déambule bien sûr dans le bâtiment conçu par Kengo Kuma, grande source d’inspiration là encore. “Le lieu est tellement agréable, et propice au travail”. Comme le souligne Célia, la Cité des Arts constitue “un geste contemporain” en lui-même. L’autrice réside dans l’un des studios aménagés, jouissant ainsi de la vue sur l’extérieur, les bords du Doubs, la ligne que dessine la Citadelle dans le ciel un peu plus loin… « Les changements de lumière, la proximité du végétal » attirent aussi l’attention de Célia.

La Chaise de Pondichéry par Dector & Dupuy

La Chaise de Pondichéry, par Dector & Dupuy – Photo : Blaise Adilon

L’autrice a fait son choix et écrira sur la saison 2014, et en particulier sur l’exposition Laisser les sons aller où ils vont, intéressée notamment par le travail de Pierre Alferi, édité comme elle aux éditions P.O.L., ou encore Marcelline Delbecq. Une résidence d’écrivain au Frac Franche-Comté, c’est donc un savant équilibre entre affinités artistiques, et découvertes, dont Susanna Fritscher que Célia nous a confié découvrir “avec beaucoup d’émotion”. Une pièce occupera sa plume en particulier : La Chaise de Pondichéry du duo d’artistes Dector & Dupuy, invités à exposer au Frac en février 2019. A l’origine, une chaise toute ordinaire en plastique, au dossier cassé, que le hasard a placé sur le chemin des deux artistes en Inde. Ces derniers ont demandé à un menuisier-ébéniste du quartier de reproduire l’objet en bois de teck. A mi-chemin entre l’art et l’artisanat, aux confins de l’esthétique et du design, La Chaise de Pondichéry, « banale et belle » comme le dit Célia, acquiert pour elle une résonance particulière. C’est en effet en Inde que se déroule en partie son dernier roman, Le Scribe, qui déjà creusait un sillon entre deux cultures, deux visions du monde, Paris et Calcutta.

Célia Houdart va donc se “mettre à l’écoute” de cette chaise. Ecrire sur l’objet, mais surtout sur ce qu’il symbolise, les représentations qu’il engendre, ici et ailleurs. Pour l’instant, Célia n’a aperçu l’œuvre que par fragments, ainsi que les plans. La Chaise de Pondichéry, conservée dans la réserve, n’est pas encore montée. “Ne pas voir les choses totalement, ça m’aide”. Ce long temps de résidence est une opportunité pour l’autrice de faire le tour de la question, relever des thématiques soulevées par cet objet usuel, passé aujourd’hui dans la sphère artistique. Des questions peut-être en lien avec le tourisme, l’économie, le recyclage, les différences de cultures, l’art et l’artisanat ? “Ici en France, en Europe, cette chaise aurait été mise au rebus, tandis qu’en Inde, elle était conservée et on s’en servait”, nous confiait Michel Dector l’an dernier. “Elle était usée mais elle n’avait pas perdu son usage”. Célia reviendra au Frac Franche-Comté pour découvrir la pièce une fois montée, cet hiver probablement, à l’occasion d’une lecture qu’elle donnera à la Cité des Arts.

www.frac-franche-comte.fr

 

 

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