Après des Jours de Fête en juin qui clôturaient la saison dernière, le Centre dramatique national de Besançon ouvrira à nouveau ses portes le 19 septembre, un moment qui mêlera visites du théâtre, braderie d’accessoires et costumes ou encore rencontres avec des artistes et l’équipe du NTB. Histoire d’approfondir certains aspects de ce volet 2026-27. Le directeur Tommy Milliot nous parle de quelques temps forts à venir.
La saison débutera, du 8 au 15 octobre, avec votre nouvelle mise en scène, qui clôturera également une trilogie autour des pièces d’une dramaturge américaine…
Eden, c’est l’histoire d’une rencontre avec Naomi Wallace, avec qui je travaille depuis 2019 et qui écrit une trilogie sur le Kentucky où elle a grandi. Et elle nous parle des fantômes de son passé. Avec Naomi on a parlé beaucoup de notre jeunesse, notre adolescence, et elle a décidé de clore cette trilogie avec Eden. Ce sera donc une bande de jeunes qui rêvent d’amour, de liberté et de changer de classe sociale. Pour ça, ils visitent des maisons et ils essaient des vêtements qui ne sont pas les leurs, juste pour toucher du doigt le rêve américain. Tout ça c’est des histoires que Naomi m’a racontées et qu’elle a pu vivre.
Vous avez d’ailleurs une anecdote à propos de l’un des personnages de la pièce, dont il faut rechercher l’origine il y a bien longtemps…
Le personnage principal s’appelle Sonora Kelly Green. C’est une Afro-américaine, elle a 17 ans et elle rêve de devenir hôtesse de l’air parce qu’elle veut partir, elle veut voyager. Quand elle avait 17 ans dans les années 1970, dans un bus qui l’emmenait jusqu’à Louisville, Naomi a entendu ce nom et elle l’a noté dans un petit carnet. Elle travaille comme ça, ce sont des morceaux de vies. C’est une pièce sur la jeunesse, puissante, qui vient de finir d’être écrite ici au NTB, parce qu’elle est venue jusqu’ici et on a travaillé avec une jeune troupe. On est en train de construire le décor. Ce sera un temps fort où Naomi Wallace sera présente. C’est une pièce déchirante et nécessaire sur le chemin qu’on accomplit, l’endroit où on a envie d’aller. C’est possible de rêver, d’aller ailleurs, de changer de vie et de ne pas être à l’endroit où on nous a mis.
Cet automne, on va découvrir une deuxième création de la part de l’artiste associée au NTB, Juliette Mouteau.
Juliette a une longue histoire avec Besançon puisqu’elle a fait le DEUST Théâtre, puis ensuite elle est partie à La Manufacture qui est une école de formation d’acteur et d’actrice, de metteur et metteuse en scène à Lausanne. Elle a un parcours remarquable. J’ai désiré qu’elle soit artiste associée ici et elle avait le désir de créer Au bord, de Claudine Galéa qui avait reçu le Grand Prix de Littérature dramatique. C’est une pièce qui est un solo, une voix de femme qui nous raconte un traumatisme. Une pièce importante, et nous accompagnons Juliette dans tout le processus de création, à la fois dans la structuration de sa compagnie, mais aussi dans ses choix artistiques, que toute l’équipe ici essaie de mettre en œuvre pour donner vie au spectacle qu’elle a envie de faire.
Après La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro la saison dernière, on retrouvera une autre artiste associée, Lucile Lacaze…
Oui ce spectacle n’existe pas à l’heure où l’on se parle, mais Lucile avait envie de travailler sur ce personnage de Jane Eyre, du répertoire. Elle a la particularité d’aller chercher dans ces pièces-là. Moi ça me plaît parce que ce qui est important, c’est qu’il y a des pièces d’aujourd’hui et des pièces d’avant, et elles ne sont pas les unes contre les autres. Elles se complètent. Ce roman sera adapté pour l’itinérance, donc ce sera joué dans plusieurs endroits qui ne sont pas dédiés au théâtre, mais aussi dans certains lieux de la ville de Besançon, La Citadelle par exemple, ou dans le quartier de Battant aux Bains Douches et sur tout le territoire franc-comtois. Il y aura une narratrice pour raconter une partie du roman, et elle sera accompagnée d’une musicienne.
– Propos recueillis par Caroline Vo Minh –



