Lors de l’édition 2025 de la Fête de la BD à Audincourt, Diversions croisait Delphine Bucher, fondatrice des Éditions de la Dernière Chance. Un espace était réservé à la micro-édition à l’Espace Japy, et Delphine a évoqué pour nous son travail qu’elle expose en Franche-Comté bien sûr, mais aussi ailleurs en France et dans le monde (elle était en résidence à Athènes l’hiver dernier).
“La micro-édition d’une manière un peu large, c’est toutes les éditions qu’on peut faire et qui ne sont pas forcément diffusées par les éditeurs”, nous a expliqué d’emblée Delphine. “C’est souvent en petite série, du petit fanzine fait à la maison, de la sérigraphie, des affiches, des illustrations…”. Elle se consacre en particulier à la linogravure qui comme son nom l’indique se pratique sur des plaques de linoléum. “Du linoléum traditionnel que je creuse avec une gouge pour ensuite avoir une impression noire et blanche. Je n’utilise que de l’encre noire.” Les paysages américains l’attirent, c’est son sujet principal. La littérature venue d’Amérique est aussi une source d’inspiration. “Mes goûts font que j’ai aussi envie de retranscrire des émotions. Je suis aussi très inspirée par les grands paysages silencieux et la solitude. J’en fais des gravures.” Les Éditions de la Dernière Chance réalisent aussi des impressions sur de nombreux supports : carnets, trousses, tee-shirts, sacs…
L’autre passion de Delphine, ce sont les carnets de voyage. Ayant une formation de rédactrice, cette dernière a fait le grand saut en partant au Canada ! Autodidacte pour ce qui concerne la gravure, l’opération lui a plutôt réussi puisqu’elle se consacre aujourd’hui à plein temps à cette activité. L’inspiration, Delphine Bucher la trouve souvent dans les photos qu’elle prend durant ses périples, et pour la linogravure elle n’utilise pas de presse traditionnelle mais… une cuillère en bois, devenue son “outil” de prédilection ! Si Delphine aime le voyage et les grands espaces du continent américain (Jack London est son auteur fétiche), elle peut également passer des jours dans son atelier pour travailler sur un projet. “Sur des grandes gravures, je peux passer une vingtaine d’heures à creuser”, explique Delphine, “sans compter le temps de préparation du dessin. Après, chaque impression prend un peu de temps parce qu’il faut le temps d’encrer correctement”. Du côté des inspirations, outre les voyages, il y a beaucoup d’illustrateurs et d’illustratrices, ainsi que des rencontres qui sont l’occasion d’échanger techniques et façons de travailler.
Et de la même manière que l’artiste apprécie de traverser différents paysages, différentes cultures, Delphine aime aussi varier les supports. En ce moment, elle se consacre particulièrement à l’impression sur textile. “Le tissu c’est un peu plus compliqué. Sur le papier j’arrive plus à gérer ma dose d’encre et l’impression que je veux, j’arrive à voir en transparence si mon papier est correctement encré, comme le papier est dessus.” Prochainement, on pourra (re)découvrir l’univers des Éditions de la Dernière Chance à Belfort, à la BU Lucien Febvre du 13 avril au 4 juillet, avec un vernissage de l’exposition le jeudi 23 avril. Delphine travaille actuellement sur un carnet de route retraçant un voyage à Hawaï. “Je parle de littérature hawaïenne et je suis en train de travailler ma couverture en linogravure”, nous confiait Delphine en décembre dernier. D’autres projets l’occupent bien sûr, à l’image de tee-shirts ou de pochettes pour des groupes de musique, des ateliers d’initiation…
– Propos recueillis par Caroline Vo Minh –
Les Éditions de la Dernière Chance
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