Le Dancing CDCN est de retour avec son temps fort chorégraphique Art Danse, du 5 au 28 mars, conviant cette année douze équipes artistiques. Comme souvent, plusieurs premières seront présentées sur le festival (quatre pour cette édition 2026), et les spectacles seront donnés dans différentes structures partenaires de Dijon et de la métropole (au Cèdre de Chenôve).
Art Danse s’ouvrira sur Pavillon mâchoire, dernière création de Damien Briançon dont nous avions eu un aperçu en février 2025 lors d’une sortie de résidence à la scène nationale de Mâcon. Au Consortium Museum, le chorégraphe se produira aux côtés d’une installation sonore composée d’antiques magnétophones par lesquels passe une même bande. Ici la recherche sonore a été aussi importante que le travail chorégraphique, comme l’explique Damien Briançon. Sons et mouvements sont réalisés en direct au plateau, “une manière de produire du son qui est très concrète”, souligne le chorégraphe. “La bande magnétique c’est du son qui va produire un champ magnétique et qui va donc s’imprimer sur la bande. Et la bande on la voit passer d’un magnétophone à l’autre.” Avec Phènomènes, Julie Gouju va explorer elle aussi le spectre sonore, mais vocal celui-là, en compagnie du beatboxer Scratchy. Quant à Marine Colard, elle mettra là encore en parallèle corps et voix (pour explorer l’art oratoire en particulier dans Bataille Générale).
Bataille Générale
Le Frac Bourgogne deviendra le terrain de jeu de Yaïr Barelli et Åbäke. Le premier est danseur chorégraphe, le second designer et performer, et tous deux vont opérer dans les réserves du Frac les samedis 7, 14 et 21 mars à 11h, 15h et 17h (Départ du Dancing). Une autre première d’Art Danse sera À l’intérieur, par Serge Imbert, pour évoquer les handicaps invisibles tels les troubles du spectre autistique et du langage. La danse peut donc aussi nous interroger, comme avec l’Association Achles sur la notion de folie, ou ce que l’on considère comme tel. “Dans « Histoire de la folie à l’âge classique » Michel Foucault nous montre que la psychiatrie, telle que nous la connaissons, est une construction occidentale basée sur l’exclusion”, souligne la compagnie. “On peut toujours se rappeler qu’une chose qui est construite peut-être déconstruite, qu’il s’agisse d’un système de soins, d’un état psychique sensible ou le regard qu’on peut en avoir.” Notons que le 17 mars au Théâtre Mansart – CROUS BFC, un bord plateau suivra, animé par l’association Itinéraires Singuliers. Le 18 mars, Fampitaha, Fampita, Fampitana, de Soa Ratsifandrihana, évoquera le lien qu’entretiennent les enfants des diasporas avec leurs origines.
Les matériaux à partir desquels travaillent chorégraphes et interprètes sont multiples, à l’image de ruban métallique, cailloux, machine à nuages, lampes industrielles à vapeur pour Aurélien Dougé (Aux lointains), ou à partir des Histoires d’almanach de Johann Peter Hebel, adaptées par Anna Massoni et Vincent Weber (Retrouvailles inespérées). Il arrive aussi que la danse côtoie d’autres disciplines comme dans La Contreclé, où La Tierce mêlera chorégraphie et musique ancienne, langue occitane et magie.
Le festival proposera également des expériences diverses, comme partager la routine d’échauffement d’un interprète de Carte Blanche le 26 mars, ou une initiation au human beat box et au krump avec Scratchy le 7 mars. Pour les autres ateliers, tarifs, modalités, le programme complet sera disponible prochainement en ligne ! (Soirée de présentation du festival le 10 février à 19h).
– Dominique Demangeot –
Art Danse, Dijon (divers lieux), + Chenôve, Le Cèdre, du 5 au 28 mars
ledancing.com

